Dominique Scali
Journal de Montréal

Des élèves ont eu un coup de chaleur

Le mercure a atteint 33 °C dans certaines classes - Des élèves ont eu un coup de chaleur

Hélodie Michaud (à gauche) et Juana Miller, 16 ans, croient que leur école devrait être fermée par temps de grande chaleur comme celle de mercredi. Photo Dominique Scali

Dominique Scali

La chaleur a été si suffocante dans certaines écoles de Montréal mercredi qu'au moins trois élèves auraient subi un malaise et que des adolescents ont fini leurs cours plus tôt.

À l'école FACE, au centre-ville de Montréal, trois élèves ont eu un «coup de chaleur» alors qu'ils jouaient dehors sur l'heure du dîner, a indiqué au Journal Daniel Perron, brigadier et surveillant.

«Les jeunes se mettaient à pleurer, ils avaient le goût de vomir. Je les ai amenés boire de l'eau», raconte M. Perron.

Au milieu de l'après-midi, il a fait 32 °C à Montréal. L'humidex a même atteint le 42 °C vers 14h, selon le site d'Environnement Canada.

L'école primaire et secondaire à vocation artistique FACE est une de celles où la chaleur est particulièrement problématique à ce temps-ci de l'année, notamment parce que son bâtiment a été construit il y a plus de 100 ans.

«C'est extrêmement chaud ici», dit Tina Wayland, une mère rencontrée à la sortie de l'école. Selon elle, il s'agit d'un symptôme d'un mal plus grand : celui de la vétusté des bâtiments.

«On ne peut pas faire poser de la climatisation dans une école qui est en train de tomber en ruines», dit-elle.

Un dossier pour réhabiliter complètement cette bâtisse patrimoniale est en train d'être monté et les options pour rendre l'école plus fraîche seront alors étudiées, indique Catherine Harel Bourdon, présidente de la Commission scolaire de Montréal.

Pour ce qui est des coups de chaleur, les directions sont «à l'affût» de ce genre d'événements, assure-t-elle.

33 °C en classe

FACE n'est toutefois pas la seule école où les élèves et les profs ont sué hier. Dans le quartier La Petite-Patrie, une enseignante de 5e et 6e années a apporté un thermomètre avec elle en classe. Le mercure a atteint les 33 °C, comme le montre une photo envoyée au Journal.

«Cet après-midi, les élèves avaient les yeux dans la graisse de bine [...] Ça fait deux périodes [de cours] que je considère semi perdues», dit Marie-Claude (nom fictif), qui préfère taire son vrai nom pour ne pas nuire à son emploi.

Fermer l'école?

Plusieurs personnes interrogées hier croient que les écoles non tempérées devraient être fermées lors des grandes chaleurs, un peu comme lors des tempêtes de neige.

«Des fois c'est juste trop chaud. En plus il faut monter d'un étage à l'autre souvent», dit Hélodie Michaud, 16 ans. «Ils devraient fermer l'école.»

«C'était tellement chaud et humide. On était tout trempés. On a fini une heure plus tôt», dit Kashmyr Higgins, 15 ans.

Mais cette solution amène d'autres inquiétudes, explique Mme Harel Bourdon. Les ménages n'ont pas forcément la climatisation à la maison et la fermeture pourrait forcer certains jeunes à rester seuls. «La Direction de la santé publique nous dit : on aime aussi bien qu'ils soient à l'école».

L'enseignante Marie-Claude ne raffole pas de l'idée non plus car ces fermetures viendraient gruger dans les journées pédagogiques, le seul moment où les profs peuvent préparer leurs cours en début d'années, explique-t-elle.



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