Sarah Daoust-Braun
24h

Travaux : les commerçants pourront recevoir jusqu'à 30 000$ par année

Travaux : les commerçants pourront recevoir jusqu'à 30 000$ par année

Photo Ben Pelosse/ Le Journal de Montréal

Sarah Daoust-Braun

Les commerçants durement touchés par les chantiers depuis 2016 pourront s'attendre à recevoir une indemnisation de 30 000 $ par année, mais rien n'est pour l'instant prévu pour alléger leur fardeau fiscal.

La mairesse de Montréal Valérie Plante a présenté mercredi son très attendu plan d'action pour le commerce, qui prévoit une enveloppe de 25 M$ d'ici 2022 pour dédommager les commerçants des artères en chantier, notamment sur les rues Bishop, Sainte-Catherine et Saint-Denis.

Le programme d'aide financière volontaire, rétroactive au 1er janvier 2016, permettra aux commerçants d'obtenir une aide directe de près de 30 000 $ par année. Ils devront d'abord assumer le premier 15 % de perte sur leur marge brute. « C'est un énorme premier pas », a indiqué Valérie Plante, qui a précisé que le programme pourra évoluer en cours de route.

« Mieux que rien »

« C'est une très bonne idée, c'est mieux que rien », a commenté Tara Schulz, gérante de la boutique Lolë située sur la rue Saint-Catherine. La première phase de travaux de réfection sur l'artère s'est amorcée en janvier et durera quatre ans.

Cette dernière a l'intention de s'inscrire au programme lorsque les travaux auront lieu sur le tronçon où est situé son commerce.

Pour Elio Schiavi, propriétaire du restaurant italien Ferrari sur la rue Bishop, le mal est déjà fait. « Enfin quelqu'un fait quelque chose pour l'indemnisation. Dans mon cas à moi, ce n'est pas assez. J'ai vraiment eu des dommages. J'ai dû travailler comme un malade pour attirer le plus de monde possible », a-t-il déploré. Des travaux de la STM ont lieu sur sa rue jusqu'en 2020.

Les commerçants qui souhaitent obtenir un dédommagement devront d'abord fournir des états financiers vérifiés. La Ville, qui souhaite que le programme soit prêt pour l'automne, pourra leur fournir jusqu'à 1000 $ pour réaliser cette première étape.

La directrice générale de l'Association des Sociétés de développement commercial (SDC) de Montréal Caroline Tessier s'attendait à un montant moins élevé. « On se retrouve quelque part à mi-chemin entre ce que les commerçants ont perdu et ce que la Ville va leur donner », a-t-elle souligné, alors qu'elle était il y a encore quelque mois directrice de la SDC Saint-Denis.

Les commerces admissibles au programme sont ceux situés sur des artères avec des travaux souterrains qui durent depuis plus de six mois, ou ceux situés sur des artères de la Ville et de la STM en chantier depuis plus de trois ans.

Allègement fiscal

Dans son plan d'action, la métropole s'est engagée à « travailler à réduire le fardeau fiscal des commerçants », sans pour autant déployer d'action concrète, puisque cela revient au service des Finances.

Même si c'est sa volonté, Valérie Plante a expliqué que mettre en place ce genre de mesure prend du temps. « On a un pacte fiscal à négocier avec gouvernement du Québec, on doit penser à d'autres façons de financier les besoins d'une Ville outre la taxe foncière. Ce n'est pas demain qu'on va trouver une solution, il nous faut l'aide d'autres acteurs. »

Le chef de l'opposition Lionel Perez a déploré que l'administration n'ait pas tenu compte pour l'instant des recommandations du comité consultatif, qu'elle a mis en place ce printemps, pour alléger la fiscalité des commerces.

Le plan d'action pour le commerce est composé de 33 actions réparties en 4 axes et doté d'un budget total de 74 M$ sur quatre ans.



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