Sarah Daoust-Braun
Agence QMI

À 18 ans, il a réussi à vaincre sa dépendance au cannabis

À 18 ans, il a réussi à vaincre sa dépendance au cannabis

Sarah Daoust-Braun

Après avoir passé six mois dans un centre de désintoxication, Samuel Marchand a réussi à vaincre sa dépendance au cannabis à l'âge de 18 ans. Il retrouve enfin la lumière après avoir vécu une adolescence difficile.

Aujourd'hui, le jeune homme de 19 ans ne s'est jamais senti aussi heureux depuis des années. En plus de compléter son 5e secondaire à temps partiel, il travaille comme maçon pour l'entreprise de son père, qui rénove actuellement le clocher de l'Université du Québec à Montréal.

Sobre depuis le mois de juillet, Samuel avoue qu'il a quand même parfois envie de consommer de la marijuana, alors que la journée internationale du cannabis «4/20» est célébrée vendredi.

Dès 14 ans

Sa route vers la dépendance a débuté à l'âge de 14 ans, alors qu'il voulait tester la drogue par curiosité. «À 16 ans, c'est là que cela a posé un problème. J'en consommais tous les jours, c'était devenu une nécessité, une obsession», raconte-t-il, précisant qu'il prenait en moyenne cinq joints par jour.

Samuel a alors commencé à s'isoler de sa famille, de ses amis et de décrocher de l'école après son 4e secondaire. Il a tenté à trois reprises de retourner aux études, sans succès.

«Ç'a été très difficile. Il a eu aussi une période où il voulait nous voler. Je me levais le matin, plus d'argent et de carte de crédit. À 14 ans, il vendait des trucs sur Kijiji, ce qu'on avait de trop dans le sous-sol, à un moment donné il a vendu son vélo. J'avais peur qu'il vende les meubles, les tableaux», se souvient son père Serge Marchand.

Désemparé, l'entrepreneur a envoyé en décembre 2016 son fils au centre de réadaptation en toxicomanie pour jeunes Le Portage, situé à Prévost, pendant six mois.

«Par moi-même seul, je n'aurais jamais réussi [à décrocher]. Être en communauté au centre, ça te permet de ne pas ressentir de solitude», explique Samuel, qui est venu à bout de sa dépendance seulement quelques semaines avant la fin de son séjour.

Il confesse avoir rechuté l'été dernier en buvant trop d'alcool, ce qui l'a mené à conduire la voiture de son père sans permis, fracasser un poteau et passer une nuit en prison.

Non à la légalisation

Ébranlé par son expérience personnelle, Samuel s'oppose catégoriquement à la légalisation du cannabis, qui devrait entrer en vigueur d'ici quelques mois.

«Pour le gouvernement, c'est seulement un bénéfice économique», croit le jeune homme originaire de Blainville. Il craint que cela entraîne une banalisation de la drogue, surtout auprès des jeunes.

Parmi les 500 adolescents âgés de 14 à 18 ans qui sont pris en charge annuellement par Portage à travers le Canada, 88 % d'entre eux sont dépendants au cannabis.



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