Zacharie Goudreault
Agence QMI

Pistes cyclables: de fausses contraventions remises aux automobilistes

Pistes cyclables: de fausses contraventions remises aux automobilistes

Zacharie Goudreault/ 24 Heures

Zacharie Goudreault

Des cyclistes montréalais déterminés à rendre les pistes cyclables plus sécuritaires distribuent de fausses contraventions aux automobilistes qui s'immobilisent dans celles-ci.

Une vingtaine de personnes se sont réunies dimanche matin sur la piste cyclable de la 1re Avenue, à l'angle de la rue Beaubien Est, afin de rappeler aux automobilistes qui immobilisent leur véhicule dans la voie cyclable qu'ils commettent une infraction au Code de la sécurité routière.

Lors du passage du «24 Heures» sur les lieux du rassemblement, plusieurs automobilistes ont été interpellés par des cyclistes pour s'être immobilisés sur la piste cyclable.

«Souvent, les automobilistes vont mettre leurs "flasheurs" parce qu'ils se disent qu'ils ne seront pas là longtemps, mais en fait ils ignorent le Code de la sécurité routière», a déploré l'activiste pour les droits des cyclistes, qui utilise un nom d'emprunt, Dominique Le Justicier.

Le militant, qui lutte contre le vol de vélos à Montréal depuis plusieurs années, a créé de fausses contraventions «de civisme» qu'il distribue aux automobilistes.

Selon lui, cette initiative «répond à un besoin que les autorités ne sont pas capables de combler [...]. Si les policiers ne font pas leur travail, c'est aux citoyens à le faire», a-t-il martelé.

Agressivité

Certains automobilistes ont mal réagi à cette initiative dimanche. «Lui, c'est un bon exemple d'agressivité de la part des automobilistes», a lancé le coursier à vélo Francis Latendresse après avoir remis à un automobiliste une fausse contravention de 169 $, ce qui correspond au montant réel de l'amende remise par les policiers pour cette infraction.

Le communicateur scientifique et cycliste Jérémy Bouchez, qui a organisé le rassemblement, affirme que ces fausses amendes visent à «sensibiliser les gens en leur montrant ce qui aurait pu leur arriver si la police faisait son travail».

François Labrecque, commandant dans la section de la sécurité routière du Service de police de la Ville de Montréal, a toutefois expliqué qu'il est interdit dans certains arrondissements «de déposer de la publicité sur les vitres des véhicules».

Les cyclistes déposant de fausses contraventions sur le pare-brise des voitures pourraient donc «s'exposer à des amendes».

«On ne peut pas cautionner le fait que des gens vont contrevenir à un règlement municipal pour faire valoir leur cause», a-t-il ajouté.

Interventions policières

Le maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau, qui a pris part à la mobilisation de cyclistes dans son arrondissement dimanche, déplore qu'il y ait peu d'interventions policières «pour montrer aux automobilistes qu'on ne peut pas se stationner dans une piste cyclable en double».

Le porte-parole de la Coalition vélo de Montréal, Daniel Lambert, croit quant à lui que les policiers devraient remettre des contraventions «systématiquement» lorsqu'ils remarquent des véhicules stationnés dans les pistes cyclables, et non donner des avertissements.

Le pouvoir discrétionnaire des policiers leur permet de décider si une contravention doit être remise ou non, a toutefois rappelé François Labrecque. «On ne veut pas enlever le jugement aux policiers, c'est là qu'arrivent les mauvaises expériences», a-t-il déclaré.



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