Camille Gaïor
Agence QMI

Chute en transport adapté: la famille dénonce

Camille Gaïor

MONTRÉAL - Victime d'une chute en transport adapté, une jeune femme handicapée se plaint que le chauffeur ne lui ait pas porté assistance.

«J'essaye toujours de comprendre ce qu'il s'est passé», a indiqué Maxime Olivier, encore sous le choc, plus d'une semaine après son accident. Atteinte d'ataxie de Friedreich, une maladie neurodégénérative qui atteint l'équilibre, la coordination et la motricité, la femme de 28 ans se déplace en fauteuil roulant depuis l'adolescence.

Il est environ 13 h 30, le 2 février, lorsque cette étudiante en sciences humaines arrive au cégep du Vieux Montréal en transport adapté. Une fois à destination, le chauffeur la sort de la voiture par en avant. À cause de la gravité de la pente et parce qu'elle n'était pas attachée à son fauteuil, Maxime Olivier tombe brutalement sur la rampe.

«Une fois à terre, le chauffeur l'a tassée, il ne l'a même pas aidée, a déploré Nathalie Bernard, la mère de la victime. C'est une négligence suivie d'un abus.»

C'est un autre étudiant, témoin de la scène, qui viendra en aide à la jeune femme, coincée entre le trottoir et le véhicule. «Le chauffeur semblait en état de choc, il était figé», a raconté Charles-Antoine Martin, qui a par la suite avisé le service de sécurité.

Malgré de gros hématomes sur le visage, la peau écorchée, des yeux au beurre noir et de gros maux de tête, Maxime Olivier assistera à ses cours en après-midi.

Après plusieurs examens et radiographies, elle semble ne souffrir d'aucune lésion grave, mais portera probablement plainte à la police, en plus de celle déposée à la STM.

«Il était trop pressé»

Si la famille Olivier-Bernard se demande encore ce qu'il s'est passé, c'est par qu'il semble y avoir eu beaucoup trop d'erreurs.

«Tout le monde sait qu'on ne descend jamais une personne en fauteuil par en avant, en plus, elle n'était pas attachée», a ajouté Mme Bernard.

Selon Maxime Olivier, le chauffeur semblait très pressé. «Il a voulu faire vite, il ne réfléchissait pas à ce qu'il faisait», a-t-elle confié.

Un système problématique

Au-delà de l'accident, c'est le fonctionnement même du transport adapté qui est remis en cause.

«Quand on est avec des gens handicapés, il faut prendre le temps et être toujours vigilant, a poursuivi Mme Bernard, le conducteur est responsable, mais la STM, qui fait affaire avec ces chauffeurs est aussi imputable.»

Un avis que partage le Regroupement des activistes pour l'inclusion Québec, selon qui la STM devrait être plus sévère. «La STM devrait faire une meilleure sélection et imposer des formations au moins une fois par année pour rafraîchir les notions», croit sa présidente Linda Gauthier.

Des chauffeurs bien formés, dit la STM

À la STM, on assure que ce genre d'incident «malheureux et pas banal demeure exceptionnel», sans toutefois pouvoir commenter le dossier, une enquête interne étant en cours.

Dans le cas de Maxime Olivier, comme dans près de neuf déplacements en transport adapté sur 10, le trajet a été réalisé par l'un des 14 fournisseurs externes de taxis.

La STM assure cependant que ces chauffeurs reçoivent une formation de 8 à 16 heures et dispensée par le Centre de formation du transport routier, qui aborde notamment «les aides à la mobilité, leur manipulation et le positionnement dans le véhicule».

Les transports adaptés en 2015

28 885 clients desservis

3 628 910 déplacements réalisés

63 % en taxi berline (véhicule traditionnel)

24,9 % en taxi accessible (véhicule muni d'une rampe pour permettre le déplacement en fauteuil roulant)

12,1 % minibus de la STM

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