Camille Gaïor
Agence QMI

Projet d'oléoduc Énergie Est: la CMM s'oppose

Camille Gaïor

Dernière mise à jour: 21-01-2016 | 15h55

MONTRÉAL - Estimant les risques environnementaux trop élevés, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a vivement rejeté le projet d'oléoduc Énergie Est.

«Le projet n'est pas viable ni du point de vue économique, social, environnemental et de la sécurité publique, on est contre l'oléoduc et le tracé, et on va pousser en conséquence», a déclaré Denis Coderre, président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui regroupe 82 municipalités.

Le comité exécutif se range donc derrière les recommandations du rapport de la commission de l'environnement de la CMM, qui a réalisé les consultations publiques du 15 septembre au 8 octobre dernier.

Trop peu d'avantages

Rappelant qu'un tel projet entraînerait la création d'une trentaine d'emplois et des retombées de 2 millions $ par année, le maire de Montréal estime qu'il y a donc trop peu d'avantages.

«En comparaison, le coût d'un déversement majeur dans la région pourrait se situer entre 1 et 10 milliards $ et le tracé proposé traverse des boisés, des milieux humides et la zone agricole», a ajouté M. Coderre, qui compte bien fait valoir sa position auprès du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) et de l'Office national de l'énergie (ONÉ).

Les écolos ravis

«C'est une très bonne décision, car les risques dépassent de beaucoup les bénéfices potentiels», croit Steven Guilbeault, d'Équiterre, persuadé que l'opinion publique peut faire reculer le projet.

Greenpeace, qui a aussi salué la position de la CMM espère que celle-ci sera entendue par Ottawa.
«Le premier ministre Trudeau a clairement mentionné que les communautés doivent donner leur accord pour que les projets de pipelines puissent aller de l'avant, a ajouté Patrick Bonin, responsable de la campagne Climat-Énergie chez Greenpeace. La décision de la CMM représente un non catégorique qui devrait signer l'arrêt de mort de ce projet.»

L'Ouest critique

Mais les critiques des responsables politiques des provinces de l'Ouest ne se sont pas fait attendre.
En Alberta, le chef du parti Wildrose, Brian Jean croit que Montréal ne peut «rejeter ses eaux usées, accepter des pétrolières étrangères, profiter du système de péréquation tout en rejetant nos pipelines».

Le député conservateur Jason Kenney a directement visé Denis Coderre en l'accusant de «préférer importer du pétrole du Nigeria en plus de demander des milliards aux contribuables pour financer les infrastructures tout en s'opposant à un projet de plusieurs milliards qui créera des emplois».

Pour sa part, le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall a rappelé les partenariats entre les provinces.

«J'imagine que les maires de la région de Montréal vont poliment rembourser les 10 milliards de dollars en péréquation de l'Ouest», a-t-il écrit sur son fil Twitter.

Poursuivre le dialogue

De son côté, TransCanada dit prendre ces préoccupations au sérieux et souhaite poursuivre le dialogue.

«Le pipeline serait surveillé jour et nuit, sept jours sur sept. Si une fuite se produisait, l'ensemble du système pourrait être interrompu à distance en quelques minutes, stoppant ainsi la circulation du pétrole», a tenu à rassurer le porte-parole Jonathan Abecassis.

Le pipeline de 4600 km, qui devrait traverser le pays d'ouest en est et dont la capacité est évaluée à 1,1 million de barils par jour, est estimé à 15,7 milliards $. TransCanada espère une mise en service dès 2020.

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