Les stations se détériorent

Métro | Montréal - Les stations se détériorent

L’état de la station Honoré-Beaugrand, un des terminus de la ligne verte, laisse à désirer. Photo Ewan Sauves / Agence QMI


Ewan Sauves

Certaines stations de métro montrent des signes évidents de détérioration, a constaté le journal «24 Heures» lors d'une tournée des 68 haltes du réseau de la Société de transport de Montréal (STM).

Toiture qui fuit (station Préfontaine), odeur d'urine et matières en décomposition le long des rampes (Beaudry, Peel, Papineau, Cadillac, Honoré-Beaugrand), trous dans les murs et les planchers (Peel), briques couvertes de rouille (Mont-Royal, Bonaventure, Jean-Talon), l'entretien de plusieurs stations, des lignes verte et orange principalement, semble déficient.

«On est dépendants de l'achalandage, du comportement de la clientèle, de la simple civilité et de la température», s'est défendu Marie-Claude Léonard, directrice à l'exploitation des stations de la STM.

Les taches blanches et jaunâtres sur les murs, ainsi que les matières solides suspendues aux voûtes, ne devraient pas avoir de conséquences néfastes sur la santé des usagers, a tenu à rassurer Geoffroy Denis, médecin en santé au travail pour la Direction de santé publique de Montréal (DSPM).

«Si on parle de taches, ce n'est pas nécessairement de la moisissure, selon lui. Le métro, c'est sous la terre, dans des tunnels, et ce sont probablement des sels de calcaire.»

Plus de 900 000 clients transitent quotidiennement dans le réseau, ce qui correspond à une hausse de l'achalandage de 6 % depuis 2010, a indiqué Marie-Claude Léonard. «C'est énorme. Ça prend de l'organisation et de la répétition. On est toujours en voie de s'améliorer, mais tout ne peut pas être parfait non plus.»

La STM compte 220 employés affectés exclusivement à des tâches d'entretien. Pour nettoyer une station de métro de fond en comble, une semaine entière de travail est nécessaire.

«Il y a une routine quotidienne : le lundi, on lave les édicules; le mardi, on passe le balai sur les quais; le mercredi, on s'occupe de la mezzanine; etc.», a expliqué Mme Léonard.

Des stations situées en plein cœur du centre-ville de Montréal sont plus «identifiées» que d'autres, admet la directrice, en raison de la population des sans-abri. Cela n'aurait toutefois pas d'incidence directe sur la propreté des lieux.

«Nos préposés développent des liens privilégiés avec ces gens-là, c'est comme une collaboration, a affirmé la directrice à l'exploitation des stations. Il y a une compréhension des réalités.»

Peu de plaintes, dit la STM

Selon un sondage téléphonique effectué l'année dernière par le transporteur public auprès de ses usagers, le taux de satisfaction des clients quant à la propreté aux abords des stations est de 74 %. Celui concernant l'état des lieux à l'intérieur des stations est de 76 %.

«Le Département d'entretien sanitaire a reçu 260 commentaires en 2011, dont à peu près 115 traitaient de la propreté, a indiqué la directrice à l'exploitation des stations de la STM. Cent quinze commentaires sur 250 millions de déplacements, ça vous donne une idée de ce qui est fait.»

Le budget de l'entretien des stations, la plupart vieilles d'une quarantaine d'années, est évalué à 19,8 millions $.

Geoffrey Denis du DSPM recommande toutefois aux usagers du métro de faire preuve de méfiance et de se laver les mains après avoir utilisé les transports en commun.

«Bien entendu, il ne faudrait pas mettre les mains dedans, comme n'importe quelle saleté. Se laver les mains reste la meilleure chose à faire», a-t-il affirmé.


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