Plus cher: connu depuis 2004

Montréal - Plus cher: connu depuis 2004

Richard DeschampsPhoto: Agence QMI / Archives

Une étude gardée sous silence depuis huit ans, et dont les résultats ont été présentés aux médias lundi indique que les travaux d'infrastructure coûtaient de 30 % à 40 % plus cher à Montréal qu'ailleurs, et que ce sont les mêmes soumissionnaires qui se partageaient les contrats.

Le rapport explosif de 2004 met au jour une fraude de plusieurs millions de dollars et confirme la gangrène de la collusion qui ronge Montréal.

«Trop peu d'entreprises répondent aux appels d'offres de la Ville et ce sont toujours les mêmes entreprises qui se partagent l'exécution des travaux», peut-on lire dans le rapport.

Le remède proposé par la firme ayant rédigé le rapport donnait la mesure de la gravité du problème. Elle suggérait de revoir de fond en comble le système d'octroi de contrats.

«Remédier à une telle situation à la ville de Montréal exigera un geste de grande envergure par les autorités de la Ville», est-il écrit.

L'ancien maire Gérald Tremblay a toujours nié avoir été informé du brûlant rapport, insistant sur ce point au soir de sa démission, le 5 novembre.

Pourtant, le signal d'alarme avait bien été lancé.

«Le rapport de 2004 a été le déclencheur qui a allumé une lumière», a expliqué le directeur général de la ville de Montréal, Guy Hébert. Il aurait en effet dû être le point de départ d'une volonté politique d'assainir le processus d'attribution des contrats publics.

Il a toutefois fallu attendre 2009 et le scandale du Faubourg Contrecoeur dévoilé par la presse, pour que l'administration agisse enfin.

Personne ne l'a vu

Gérald Tremblay n'est pas le seul qui jure ne pas avoir vu le controversé rapport.

«Pourquoi ce rapport n'a jamais été amené à l'attention du maire? La question se pose», se défend Richard Deschamps, candidat à la succession de Gérald Tremblay.

Les élus de l'opposition n'en croient rien.

«Pouvez-vous me dire clairement si vous avez déjà vu l'étude?» a demandé Réal Ménard, de Vision Montréal, aux membres du comité exécutif de l'époque.

Helen Fotopoulos et Alan DeSousa, qui y siégeaient en 2004, prétendent ne jamais avoir eu vent du rapport.



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