MONTRÉAL - Le maire de Montréal Gérald Tremblay s'est dit «profondément choqué» par les images diffusées lors de la Commission Charbonneau mercredi, et demande désormais le soutien du gouvernement provincial.
«Je voudrais que l'Assemblée nationale soit convoquée le plus rapidement possible pour nous donner des outils. On est pris les mains liées au niveau des municipalités», a indiqué M. Tremblay, rappelant du même coup que la Ville de Montréal a déjà reçu des mises en demeure de la part de compagnies de construction.
«Je pense que les formations politiques pendant la campagne électorale ont pris des engagements très clairs de modifier la loi 35», a-t-il ajouté.
M. Tremblay a fait ces déclarations à sa sortie d'une rencontre des membres de la Communauté métropolitaine de Montréal, à laquelle prenait notamment part le nouveau président du
comité ministériel de la région métropolitaine de Montréal, Jean-François Lisée.
Ce dernier aurait affirmé à M. Tremblay qu'il y aura une convocation de l'Assemblée nationale le 30 octobre. Une date que le maire montréalais trouve un peu tardive.
«On pourrait faire une séance spéciale, si évidemment les juristes sont prêts à mettre en place les mesures nécessaires. Au moins, on nous a donné une assurance ce (jeudi) matin. Le ministre nous a dit de façon très claire: on va vous donner des outils pour refuser de façon légale de donner des contrats à des firmes qui font l'objet d'allégations de collusion et de corruption», a insisté M. Tremblay.
Fonctionnaires impliqués?
Questionné à savoir si des pratiques frauduleuses étaient possibles sans l'aval de certains fonctionnaires, le maire a indiqué que les mesures nécessaires seront prises s'il le faut.
«Si jamais il y a des fonctionnaires dans l'administration municipale qui ont posé des gestes qui ne respectent pas le code de conduite, à ce moment-là, que la justice suive son cours», a-t-il lancé.
Par ailleurs, M. Tremblay juge « inacceptable » le manque de collaboration entre les différents corps policiers, qui étaient au courant de ce genre de pratique, sans toutefois se relayer l'information puisque ça dépassait leur mandat.
«Je suis profondément choqué que ce ne soit pas fait, puisque si nous avions su ça en 2004 ou 2005, je peux vous assurer d'une chose, la loi 35 aurait été légiférée à ce moment-là», a vigoureusement souligné le maire.