Construction: une élue alerte l'UPAC

Montréal - Construction: une élue alerte l'UPAC

Chantal RouleauPhoto Érice Bolte / Archives / Agence QMI


Yves Poirier

MONTRÉAL - La mairesse de l'arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles, à Montréal, a alerté l'UPAC concernant la réalisation d'un contrat parce que l'entrepreneur a fait exploser les coûts en réclamant des extras faramineux.

La mairesse Chantal Rouleau a dit lundi que cette affaire s'apparente étrangement aux exemples de gonflement des extras dont on a parlé à la commission Charbonneau.

Le prix initial du contrat accepté en 2010 par les élus de l'arrondissement était de 290 552 $.

Or, l'entrepreneur a exigé en cours de route une dépense additionnelle de 215 136 $, ce qui représente une augmentation de 74% par rapport au contrat initial.

«Quand j'ai vu les extras, j'ai dit non, j'ai dit non car je veux savoir de quoi il s'agit exactement», a-t-elle expliqué.

Dans ce cas-ci, les fameux extras réclamés par l'entrepreneur n'ont rien à voir avec des travaux de trottoir ou d'asphaltage. Ils concernent un tournebride, un espace situé au bout d'une rue et qui permet à tout type de véhicule que ce soit un autobus ou un véhicule d'urgence de faire demi-tour lorsqu'ils se retrouvent dans un cul-de-sac.

La mairesse Rouleau refuse non seulement de payer les extras réclamés pour la construction de ce rond-point, mais va plus loin en confiant ce dossier à l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Elle demande à l'UPAC d'établir si le dépassement de coûts, attribuables notamment à la quantité importante de déchets à excaver sur le site, est justifié.

Puisque l'enquête policière est toujours en cours, l'arrondissement veut taire le nom de l'entrepreneur qui a obtenu le contrat.

«Il y avait une certaine pression sur nous, les élus, pour qu'on finalise ce dossier-là, a affirmé la mairesse. On a reçu des mises en demeure, etc. J'ai dit: "Pas de problème, envoyez-en des mises en demeure. On va laisser faire la police et l'enquête Charbonneau là-dessus."» Chantal Rouleau a aussi alerté le service du contentieux ainsi que le contrôleur de la Ville de Montréal.

L'arrondissement refuse également de dévoiler le contenu du document puisque l'enquête policière sur les extras n'est pas terminée.

«Je veux vraiment que les citoyens de l'arrondissement en aient pour leur argent. C'est ce à quoi je tiens le plus comme élu, a insisté la Chantal Rouleau. C'est mon rôle de veiller à ce que les deniers publics soient bien utilisés, c'est notre devoir.» L'arrondissement compte faire part des résultats de l'enquête de l'UPAC lorsqu'elle sera terminée.


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