Union Montréal perd sa majorité à l'Hôtel de Ville

Dernière mise à jour: 14-11-2012 | 15h33

MONTRÉAL - Six élus de la Ville de Montréal, dont l'ex-président du comité exécutif, Michael Applebaum, ont claqué la porte d'Union Montréal, mercredi matin. Le parti de l'ex-maire de Montréal, Gérald Tremblay, perd du coup sa majorité.

Union Montréal se retrouve avec seulement 29 conseillers sur 64 sièges au conseil municipal.

Michael Applebaum, Lionel Perez et Susan Clarke, tous les trois conseillers de Ville de l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, ont officiellement quitté Union Montréal avant la mi-journée. Perez et Clarke devraient s'engager aux côtés d'Applebaum, qui prône une coalition indépendante à la tête de Montréal, autrement dit un comité exécutif avec tous les partis municipaux ainsi que des élus indépendants.

Frantz Benjamin et Franck Venneri, deux conseillers de district de l'arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, avaient été les premiers à annoncer leur démission en matinée. Ils ont l'intention de siéger comme indépendants.

«On a les mêmes préoccupations, a dit M. Venneri. On a écouté les doléances de nos concitoyens et ce qu'ils nous disent c'est qu'ils n'acceptent pas que leur argent soit gaspillé et que les taxes augmentent.»

Frantz Benjamin et Franck Venneri n'ont pas l'intention de rallier un camp plutôt qu'un autre, ont-ils affirmé.

«Montréal n'a pas besoin d'un parti en particulier, elle a besoin d'une coalition pour gérer la Ville dans les meilleures conditions jusqu'aux prochaines élections municipales, dans un an», a dit M. Venneri.

Alain Tassé, conseiller de Ville dans l'arrondissement de Verdun, a fait lui aussi savoir qu'il se retirait. Et s'il dit ne pas avoir arrêté son choix, il ne cache pas sa préférence pour l'ex-président du comité exécutif, dont il a été le conseiller associé pendant trois ans.

«Je suis un grand fan de Michael Applebaum [...] et je serais fier de travailler avec lui», a déclaré M. Tassé, mercredi après-midi, à l'Agence QMI.

Il a par ailleurs refusé de cracher dans la soupe, se disant même très fier d'avoir appartenu pendant sept ans à Union Montréal, mais il a estimé que le temps était venu de mettre de côté la «politique partisane». «Pour mieux servir nos concitoyens, je dois m'éloigner», a conclu Alain Tassé.

Lundi, Giovanni Rapanà, conseiller d'arrondissement dans le district de Rivière-des-Prairies avait été le premier à quitter le navire d'Union Montréal.
Mercredi matin, Frantz Benjamin avait confié à l'Agence QMI que c'était probablement le début d'une grande vague de démissions à Union Montréal.

Désunion

«On voit bien qu'au parti Union Montréal, ils ne sont pas aussi unis que ce qu'ils veulent bien dire, a commenté Catherine Maurice, l'attachée de presse de Projet Montréal. On rappelle que cette administration n'est pas le fait d'un seul homme, mais que c'est un régime, donc on accueille avec soulagement qu'Union Montréal perde sa majorité.»

«Notre préoccupation est de rétablir la confiance des Montréalais en l'administration», a réitéré Louise Harel en guise de commentaire, affirmant que la position de Vision Montréal restait de faire une coalition jusqu'aux prochaines élections.

Sur la même longueur d'onde, le chef de Projet Montréal n'envisage pas de présenter un candidat. «On vise [plutôt] 2013», a confirmé Mme Maurice.

Le vice-président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Richard Deschamps, qui avait été désigné par Union Montréal pour devenir le maire intérimaire, a réuni son caucus mercredi midi.

«À part les démissionnaires, la salle est pleine», a assuré Martine Pinchaud, porte-parole d'Union Montréal, alors que M. Deschamps parlait à ses troupes.

En sortant du caucus, il a annoncé qu'il souhaitait limiter la hausse des taxes à 2,2 % plutôt que d'imposer une augmentation de 3,3 % comme le budget municipal le prévoyait.

M. Deschamps a également voulu tendre la main à l'opposition en lui proposant d'intégrer le comité exécutif. Il devait ensuite rencontrer leur représentant pour entamer des discussions sur cette base.

Les candidats à l'intérim à l'Hôtel de Ville ont jusqu'à ce jeudi 16 h pour se présenter. Le vote aura lieu à bulletin secret vendredi, à 10 h. Le nouveau maire devrait prêter serment dans la foulée de son élection.

Après cette série de démissions du parti de l'ex-maire Tremblay, Union Montréal ne compte plus que 29 élus, contre 16 pour Vision Montréal, 10 pour Projet Montréal et 9 indépendants.



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