MASCOUCHE – Des Mascouchois furieux ont à nouveau eu raison du maire Richard Marcotte. Devant l'hostilité de la foule venue assister au conseil municipal, l'élu a préféré quitter la salle avant même l'ouverture de la séance.
C'est sous les «dehors Marcotte !» scandés par la foule que le maire a quitté le conseil à peine cinq minutes après y avoir pris place. Un conseil qui n'a finalement pas eu lieu.
Le scénario se répétait à Mascouche, alors que le maire avait subi pareil sort en juillet dernier.
La colère gronde toujours chez les Mascouchois. Plusieurs réclament la démission du maire, qui fait face à des accusations criminelles.
La séance s'annonçait dès le départ houleuse avec le retour de M. Marcotte, mais c'est l'éviction d'un citoyen menottes au poing qui a mis le feu aux poudres.
Gilles Patenaude, président de la Coalition des gens engagés dans l'avenir de Mascouche, s'est vu expulsé de la salle dès le début de la séance.
M. Patenaude avait pris la parole afin de demander aux conseillers municipaux d'accorder aux citoyens une heure pour parler au maire en début de conseil. Une demande qu'il leur avait fait parvenir quelques jours plus tôt.
C'est alors que deux policiers se sont approchés de lui sous les ordres de M. Marcotte. Ce dernier a ainsi fait appliquer un règlement qui stipule que le président de l'assemblée a le droit d'expulser quiconque trouble l'ordre.
Une expulsion que M. Patenaude a qualifiée «d'abominable» après coup.
C'en était trop pour les Mascouchois présents qui étaient déjà échaudés bien avant que le maire n'arrive dans la salle. Tous se sont levés pour huer le maire.
«Pourri !», criaient certains. «Dehors Marcotte !», hurlaient d'autres.
Le maire a subi les injures pendant quelques minutes. Puis, il est sorti de la salle en compagnie des conseillers municipaux.
Son départ a été salué par des applaudissements nourris.
Les conseillers ont d'abord indiqué leur souhait de reprendre la séance une demi-heure plus tard, question de laisser retomber la poussière.
Ils se sont toutefois abstenus de le faire, reportant la séance du conseil à une date ultérieure.
Cela n'a pas aidé à pour satisfaire les citoyens assemblés, outrés par l'expulsion de M. Patenaude.
«C'est pour moi le comble de l'intolérance que d'expulser quelqu'un comme ça. C'est museler l'expression du citoyen, a dénoncé Jean-Daniel Cossette. On a le droit d'obtenir des réponses.»
«Qu'il (M. Marcotte) soit obligé d'utiliser la force pour gérer la Ville parce qu'il n'a plus la légitimité pour le faire, ce n'est pas normal», a ajouté Alain Thuotte.
«Les menottes, c'est Marcotte qui devrait les porter. C'est de l'abus», a pour sa part dénoncé Jolyane Miron.
Le maire Marcotte devra tôt ou tard répondre aux questions des citoyens, selon Stéphane Handfiel, chef du parti Vision démocratie Mascouche.
Il souhaiterait que le prochain gouvernement s'engage à modifier les lois qui permettent aujourd'hui à M. Marcotte de rester en place.
Selon lui, une intervention gouvernementale est nécessaire pour relever le maire de ses fonctions, tout en conservant la présomption d'innocence qui lui revient de plein droit.
«Mais ce sont les élections et le sujet a été évacué des débats à ce jour», a-t-il déploré.
Les policiers étaient présents en grand nombre à cette séance du conseil. Au moins une douzaine d'agents gardaient un œil sur l'édifice.
Leur aide a d'ailleurs été requise afin de permettre au maire et à au moins un conseiller de quitter le stationnement près de l'édifice où se tenait le conseil après la levée de la séance. Des citoyens furieux les y attendaient.
M. Marcotte a été arrêté le 20 avril dernier et inculpé de six chefs d'accusation criminels pour son implication présumée dans un stratagème de fraude a l'échelle municipale.