Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a confirmé en point de presse mercredi que quatre contrats octroyés par la Ville de Montréal seraient annulés, dont trois accordés à Louisbourg SBC, une entreprise liée à Tony Accurso.
Le comité exécutif de la Ville de Montréal a décidé de rompre trois ententes totalisant près de 19 millions $ avec Louisbourg SBC. L'entreprise conserve toutefois une dizaine de contrats avec la Ville de Montréal, d'une valeur de plusieurs millions de dollars.
Ainsi, Louisbourg SBC s'est vu retirer un contrat de 15,8 millions $ pour la construction d'un bassin de rétention sous la rue Marc-Aurèle Fortin, un contrat de 1,9 million $ pour la construction d'une conduite d'eau sous les rues Lily-Simon et Saint-Jacques Ouest et sur le boulevard Sainte-Anne-de-Bellevue ainsi qu'un contrat de 800 000 $ pour des travaux de revêtement bitumineux.
L'une des raisons évoquées par l'administration Tremblay concerne la règle du 15% qui stipule que si une soumission est de 15% plus élevée que l'estimation faite par la Ville, elle doit être rejetée. C'était le cas pour l'un des trois contrats annulés.
Les deux autres ententes rompues l'ont été à cause d'avis défavorables émis par la Commission sur l'examen des contrats, constituée de membres des trois partis municipaux et chargée de s'assurer de la conformité du processus d'appels d'offres de la Ville.
Une autre entreprise, Terramex, a aussi perdu un contrat d'une valeur de 12,9 millions $ pour le réaménagement de la Place du Canada. Terramex a déjà été reconnue coupable de fraudes fiscales.
Toutefois, le maire n'a pas voulu donner le nom des entreprises fautives, préférant mettre l'accent sur les mesures adoptées par son administration. «On n'est pas là pour faire du nominatif. On vise toutes les entreprises qui ne sont pas conformes à nos règles d'évaluation», a-t-il martelé en point de presse.
Il a spécifié que l'arrestation de Tony Accurso le 9 août dernier, n'est pas en lien avec le retrait des contrats à Louisbourg SBC. « Je ne paralyserai pas Montréal sur la foi d'allégations de collusion et de corruption », a-t-il dit.
Mise en demeure
Gérald Tremblay a également confirmé avoir reçu une mise en demeure, mercredi matin, de la part de Louisbourg SBC, dans laquelle l'entreprise demande à la Ville de «respecter les lois applicables et de lui accorder les contrats prévus aux appels d'offres».
«S'il y a une poursuite, nous allons nous défendre, a déclaré le maire. Nous avons de bonnes raisons de croire que le juge nous va nous donner raison.»
Ce qui pourrait ressembler à une menace de poursuite judiciaire ne semble pas inquiéter M. Tremblay. « Nous ne subirons, membres du comité exécutif et élus municipaux, aucune intimidation et aucune influence sur les décisions que nous avons à prendre », a-t-il dit.
«Tony Accurso ne mérite pas la confiance des Montréalais.»
Selon les deux partis de l'opposition, l'administration Tremblay aurait dû être plus sévère et annuler tous les contrats avec des entreprises dans lesquelles M. Accurso a des intérêts.
« Il me semble que les élus devraient envoyer un message clair qui est que Tony Accurso ne mérite par la confiance des Montréalais», a dit le maire de l'arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve et membre de Vision Montréal, Réal Ménard.
Le maire de l'arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie, qui représente Projet Montréal, François Croteau, y est allé d'une déclaration visant directement le maire Tremblay. «Je trouve que le maire se réfugie encore sous des questions légales. Il fait encore une fois de “l'aplaventrisme” devant certaines entreprises, entre autres, de Tony Accurso.»
Avant d'être officielle, l'annulation des contrats devra recevoir l'aval du conseil municipal, lundi prochain.
L'homme d'affaires Tony Accurso a été arrêté pour une seconde fois le 9 août dernier, pour complot avec des fonctionnaires dans le but de faire épargner plusieurs millions de dollars d'impôt à deux de ses entreprises.