La micro-rafale qui a soufflé sur la Montérégie mercredi a causé de lourds dégâts, déracinant des arbres, cassant des branches par dizaines, dévastant des champs de culture et abîmant des bâtiments et des voitures.
Les spécialistes d'Environnement Canada qui se sont rendus sur place jeudi ont conclu que ces dégâts avaient été provoqués par une micro-rafale et non pas par une tornade.
«Tous les arbres étaient tombés ou déracinés dans le même sens et aucune colonne de nuages en forme d'entonnoir n'a été observée, a expliqué la météorologue Rebecca Schneider. D'après la grosseur des arbres déracinés, on peut conclure que les vents ont soufflé à 120-130 km/heure.»
Saint-Rémi durement touchée
«Il y a environ une dizaine d'arbres qui ont été endommagés sur notre terrain», a fait savoir Patricia Hall, qui habite sur le rang Saint-Paul, à Saint-Rémi, une municipalité durement touchée par les intempéries.
Mme Hall a été privée d'électricité pendant 12 heures à cause de branches qui avaient endommagé des fils et des transformateurs d'Hydro-Québec en plus d'obstruer le rang. Plus de 2000 abonnés dans la MRC de Roussillon ont été touchés par des pannes de courant.
La municipalité de Saint-Rémi a rapporté d'autres dégâts importants sur la rue Notre-Dame, qui a aussi dû être fermée à la circulation pendant quelques heures. De plus, quatre résidences ont subi des dommages matériels importants.
Des dizaines de millions en perte
Selon la Fédération de l'Union des producteurs agricoles, les vents violents et la grêle ont causé des pertes qui se chiffrent à plusieurs milliers de dollars. Des dommages majeurs ont été causés à des champs et des bâtiments à Saint-Rémi, Saint-Michel, Saint-Isidore, Sherrington, Sainte-Clotilde de Châteauguay, Franklin, Hemmingford, Saint-Édouard et Saint-Urbain-Premier.
Le maire de Saint-Michel-de-Napierville, Pierre-Raymond Cloutier, a chiffré les pertes à plusieurs millions de dollars. «On observe énormément de dommage sur une distance de 2 km de large. Et 97 % des terres de la région sont dédiées à l'agriculture», a-t-il fait remarquer.
Selon Mario Isabelle, président de l'Association des jardiniers et maraîchers du Québec (AMJQ), les récoltes seront au moins d'un quart inférieures à celles de l'an dernier. Dans plusieurs cas, ces pertes seront supérieures aux profits que réalisent habituellement les cultivateurs.
«On va demander de l'aide, c'est sûr. C'est un état d'urgence pour nous les agriculteurs», a insisté M. Isabelle, qui évalue à plus de 50 millions $ l'ensemble des dommages causés par le mauvais temps.
Aide gouvernementale
Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a annoncé la mise en œuvre jeudi, en fin de journée, le Programme général d'aide financière lors de sinistres pour soutenir les citoyens des municipalités touchées. Ce programme constitue une aide de dernier recours, notamment pour certains dommages couverts par une assurance.
«Nous souhaitons […] que le retour à la vie normale de celles et de ceux qui sont touchés par ce sinistre s'effectue le plus tôt possible et que l'aide disponible grâce à ce programme représente un souci de moins pour eux», a déclaré le ministre de l'Agriculture, Pierre Corbeil, suite à l'annonce de son collègue Robert Dutil.