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Montréal

OUI aux sites d'injection supervisée

Agence QMI 
Charles Lecavalier
14/02/2012 22h31 

Montréal - OUI aux sites d'injection supervisée
David Levine, président-directeur général de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal 
© Archives Agence QMI

MONTRÉAL – Le conseil d'administration de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal a accepté mardi soir de mettre en place un réseau de services d'injection supervisée (SIS) sur son territoire, lors d'une séance qui a attiré près d'une centaine de citoyens et de représentants du monde communautaire.

L'Agence dit prendre en compte l'épidémie de VIH et d'hépatite C, ainsi que l'augmentation de la mortalité par surdose chez les personnes qui consomment des drogues par injection à Montréal. Elle doit maintenant établir les budgets et les lieux des SIS et les besoins en ressources humaines. Une fois cette étape franchie, elle enverra un rapport à Québec, qui devra à son tour demander l'approbation du gouvernement fédéral pour ouvrir ces centres.

«Bien sûr, la Ville de Montréal à sa position sur le sujet, on a tous entendu les interventions du maire. Nous allons baser notre analyse et nos recommandations sur l'aspect clinique et social du problème et on va laisser les politiciens faire de la politique», a affirmé David Levine, le président-directeur général de l'Agence.

Ce dernier répondait visiblement à Gérald Tremblay, qui avait déclaré mardi dernier ne pas vouloir de SIS dans des organismes communautaires.

Crainte et colère

Plusieurs citoyens de l'arrondissement Ville-Marie on profité de la période de questions pour faire part de leurs craintes et de leur colère à l'endroit du projet de SIS. Ils étaient si nombreux qu'une deuxième salle, avec un projecteur, a dû être ouverte pour permettre à ceux qui ne posaient pas de question d'assister aux échanges.

« Je mets en doute le rapport du directeur de la santé publique. Vous n'avez pas tout en main. Il n'y a pas d'étude d'impact. Il y a encore trop de questions. Pourquoi ça presse? La situation est la même depuis dix ans », a dit Gaétan Paquet, président de l'Association des résidants et résidantes des Faubourgs de Montréal. Ce dernier argue que l'implantation des SIS dans l'arrondissement Ville-Marie risque d'attirer encore plus de toxicomanes dans un quartier déjà fort amoché.

Une responsabilité clinique

«Nous avons une responsabilité de protéger les gens les plus vulnérables. Nous observons une augmentation des décès dus aux surdoses dans la métropole. C'est un phénomène en émergence et c'est notre devoir d'agir», a rétorqué la Dre Carole Morissette, porte-parole de la DSP.

«Il est prouvé que les SIS ont un impact positif sur la santé des toxicomanes. Et pour le phénomène de concentration, le rapport prône plusieurs centres répartis dans différents quartiers de Montréal ainsi qu'un site mobile», a-t-elle ajouté.

Selon la DSP, de 2000 à 2005, on a comptabilisé 51 décès par année en moyenne à la suite d'une surdose à Montréal. De 2006 à 2009, cette moyenne a explosé, passant à 72 morts par année.



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