Îlot voyageur: une honte à camoufler

Montréal - Îlot voyageur: une honte à camoufler

Une toile imprimée, montrant des briques rouges et des fenêtres, sera installée sur le bâtiment de la rue Saint-Hubert, de l’Îlot Voyageur au coeur du centre-ville de Montréal.© Pierre-Paul Poulin/Journal de Montréal/Agence QMI

Caroline D'astous
Le Journal de Montréal

Après avoir englouti plus de 510 M$ dans l'Îlot Voyageur, le gouvernement a maintenant décidé de cacher une partie du bâtiment laissé à l'abandon à l'aide d'une grosse toile qui sera imprimée au coût de 60 000$.

Aussi sur Canoe.ca
«Le projet est simple et ça va permettre de cacher l'aspect des lieux», indique Michel Prémont, de la Société immobilière du Québec (SIQ).

Les travaux doivent débuter au cours des prochains jours par l'installation de câbles et de fixations afin de recevoir la grande toile.

L'image choisie par la SIQ est faite d'illustrations de briques rouges et de fenêtres. Les fausses vitres se trouveront là où devraient se trouver les vraies fenêtres.

Une représentation qui est sensiblement fidèle aux plans initiaux de cette structure de l'Îlot Voyageur, précise Pierre-Louis Dufresne, porte-parole de la SIQ.

«Le motif de briques rouges est un choix de la SIQ», dit-il, avouant n'avoir aucune idée du moment où les vraies briques devraient être installées sur le bâtiment. Cette toile imprimée sera installée à la fin novembre au coût de 60 889,00$ par l'entreprise Contact Image 2007.

«Ça répond également à une demande des voisins qui avaient de la misère avec l'apparence de la structure», fait valoir M. Prémont.

Opération maquillag

Porte-parole de l'opposition officielle du Conseil du trésor et de services gouvernementaux, Sylvain Simard, dénonce ce qu'il considère comme un fiasco du gouvernement.

«Ça ressemble à une opération de maquillage. Ils vont mettre une toile sur un problème non résolu», constate-t-il.

«La présidente du Conseil du trésor, Michèle Courchesne, ne prend aucune décision, c'est un aveu d'impuissance et on continue de s'enfoncer dans le même gouffre», dénonce le député de Richelieu.

Une toile pour trois ans

Selon l'appel d'offres, la toile imprimée devra avoir une durée de vie de plusieurs années.

«La toile sera là pour trois ans minimum, explique Kim Martin, chargée de compte chez Contact Image 2007. Mais elle peut avoir une durée de vie entre cinq et six ans», ajoute-t-elle.

Pour le moment, seulement le bâtiment situé sur la rue Saint-Hubert, entre Ontario et Maisonneuve Est, au centre-ville, sera recouvert.

8 M$ pour finaliser la gare

Les coûts de la toile s'insèrent dans l'enveloppe du 8 M$, annoncée au printemps dernier, pour terminer l'aménagement du terminus d'autobus au rez-de-chaussée.

«Il y avait un désir de rendre opérationnel la nouvelle gare en attendant les orientations du gouvernement sur l'avenir de l'Îlot Voyageur», indique M. Dufresne de la SIQ.

L'Îlot Voyageur devait abriter des résidences étudiantes, des bureaux, des salles de classe, un stationnement souterrain pour l'Université du Québec à Montréal.

* * *

UN VÉRITABLE GOUFFRE FINANCIER

2005: l'UQAM annonce le projet de l'Îlot Voyageur avec le promoteur Busac.

2006: démission du recteur de l'UQAM, Roch Denis, avec une prime de départ de 173 000$, devant la catastrophe financière.

2007: fin des travaux pour les résidences étudiantes jusqu'à nos jours.

2008: le gouvernement injecte 200 M$ dans un compte en fiducie pour éponger la dette qu'avait contractée l'UQAM.

2010: le ministère des Finances dit être détenteur de la totalité des obligations de 269 M$, obligations qui devaient financer le projet de l'Îlot Voyageur.

2011: la Société immobilière du Québec annonce 8 M$ pour terminer l'aménagement du terminus d'autobus au rez-de-chaussée.


Vidéos

Photos