QUÉBEC – On a entrepris mardi matin, à Québec, d'inspecter à nouveau une trentaine de tours d'eau de systèmes de climatisation situés dans le périmètre de contamination de la bactérie legionella, responsable de nombreux cas de maladie du légionnaire.
On veut s'assurer que les propriétaires de ces tours ont procédé, comme demandé, à une désinfection poussée de ces tours, qu'on croit être à l'origine de la propagation de la maladie. Ceux qui n'en auront pas fourni la preuve, mercredi, devraient se voir ordonner, jeudi, de les arrêter, voire d'évacuer leurs immeubles.
D'autres cas à venir
Depuis la mi-juillet, on compte 126 cas de la maladie du légionnaire à Québec, dont huit décès.
À la direction de la santé publique, on s'attend cependant à confirmer mercredi une quinzaine d'autres cas. On sait toutefois que les cinq premières personnes qui ont été atteintes, en juillet, ont été infectées par la même souche de la bactérie legionella.
«Ça nous amène à penser à l'hypothèse d'une même tour de refroidissement ou d'un même lieu commun (comme origine de la contamination)», a expliqué le Dr François Desbiens, directeur de la santé publique de la Capitale-Nationale.
Éviter que ça se reproduise
Interrogé sur cet épisode de légionellose qui frappe Québec, le premier ministre Charest a promis, mardi matin, de tout faire pour régler le problème et éviter que semblable situation se reproduise.
«Tout va être fait pour trouver la source, a-t-il dit. Elles peuvent être multiples. Et on va bouger pour réglementer ça. Et après ça, on va faire un examen de ce qui s'est passé pour en tirer les leçons et éviter que ça se présente à nouveau. Nos pensées vont à ceux qui sont affectés par la maladie actuellement.»
Échange musclé
L'éclosion de légionellose a par ailleurs donné lieu à un échange qui a tourné aux insultes entre le maire Régis Labeaume et le conseiller Jean Guilbault, lundi soir, à la réunion du conseil municipal de Québec.
Le conseiller Guilbault a accusé le maire Labeaune d'être partiellement responsable de la contamination parce qu'il est parti en vacances alors que la nouvelle de l'éclosion venait tout juste d'être rendue publique.
«Vous avez accusé le gouvernement provincial de s'être traîné les pieds dans ce dossier-là alors que, vous-même, pendant les trois semaines, vous ne vous en étiez pas occupé de ce dossier-là, a-t-il affirmé. Si vous aviez fait la même conférence de presse trois semaines plus tôt, avant votre départ, ça ne se serait pas produit.»
Le dossier n'était pas de ma juridiction, a répondu le maire Labeaume. «Je veux qu'il comprenne une affaire : ce n'est pas nous autres qui dirigeons ça, a-t-il dit. Nous ne sommes pas la Santé publique. Y comprends-tu? Il ne comprendra jamais. Il veut que ce soit de notre faute, les morts. Quel homme odieux! Quel homme odieux et laid!»