BOUCHERVILLE – Neuf jours après que Sandoz, un important fabricant de médicaments génériques de Montréal, eut annoncé qu'il cessait ou ralentissait la production de certains de ses produits, les pharmaciens québécois et canadiens ne savent toujours pas quels médicaments seront en pénurie.
La pénurie de médicaments à l'échelle nationale est une raison de plus pour laquelle l'Ordre des pharmaciens du Québec réclamera un meilleur système de surveillance de l'offre de médicaments au pays, a fait savoir à l'Agence QMI sa présidente, Diane Lamarre.
Le porte-parole de l'Association canadienne des pharmaciens, Jeff Morrison, a qualifié le système actuel de «frustrant», parce que ce sont les entreprises qui ont la responsabilité de décider quelle information divulguer au public.
En outre, Santé Canada a également indiqué vendredi à l'Agence QMI qu'il ne savait pas quels médicaments seraient touchés par le ralentissement de la production.
Sandoz Canada, qui fournit des médicaments aux pharmacies et aux hôpitaux aux États-Unis et au Canada, a annoncé à la mi-février qu'elle cessait ou ralentissait la production de certains médicaments, dans le but de se conformer à un ordre de l'Administration des aliments et drogues des États-Unis.
L'agence de santé américaine a fait parvenir en novembre une lettre d'avertissement à Sandoz Canada faisant état de certaines préoccupations, notamment que l'entreprise «n'avait pas établi ou suivi des procédures écrites pour prévenir la contamination microbiologique de produits pharmaceutiques prétendument stériles.»
Incidence
La compagnie a confirmé vendredi que le ralentissement de la production de médicaments aura une incidence sur l'ensemble du pays, et pas seulement au Québec, où est située sa seule usine de médicaments au Canada.
La compagnie pharmaceutique ne voulait toutefois pas dire quels médicaments nécessaires ne seront pas disponibles pour les Canadiens, ou pour combien de temps.
«Certains produits seront temporairement en livraison différée, a indiqué l'entreprise dans un courriel. On ne peut donner un calendrier précis à ce moment-ci […] Notre objectif est de restaurer les niveaux normaux d'approvisionnement dès que possible, et nous ferons tous les efforts pour répondre aux besoins médicaux.»
L'entreprise a continué à dire qu'elle a informé ses clients «de la situation» et qu'elle les tient informés «par l'entremise de communications régulières et transparentes».
Toutefois, les organisations représentant les pharmaciens du Québec et du Canada ont indiqué à l'Agence QMI qu'elles n'avaient pas reçu une liste de médicaments qui pourraient ne plus être disponibles, et qu'on ne leur avait pas dit non plus combien de temps la pénurie pourrait durer.
La présidente de l'Ordre des pharmaciens du Québec, Diane Lamarre, a déclaré que la situation était «troublante» parce que Sandoz Canada est le principal fabricant canadien de médicaments injectables, qui sont essentiels pour les soins palliatifs et pour les chirurgies.
Mme Lamarre a ajouté que les pénuries de médicaments sont en augmentation au Québec et elle estime que les gouvernements doivent créer une sorte d'agence de surveillance, chargée du suivi de l'approvisionnement en médicaments.
Elle a précisé qu'au Québec seulement, les cas de pénuries de médicaments qui sont couverts par l'assurance-médicaments sont passés de 33 en 2006, à 207 en 2010.