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![]() Victoire amère pour CharestYves ChartrandLe Journal de Montréal 27/03/2007 05h30
Vers 23h30 hier soir, le chef du Parti libéral du Québec était donné comme gagnant dans sa circonscription après avoir tiré de l'arrière toute la soirée. Mais la situation de son parti n'était guère reluisante, héritant d'un gouvernement minoritaire avec à peine 47 députés. Une victoire qui a le goût d'une amère défaite.
Le chef libéral a dû attendre l'ouverture des boîtes de vote par anticipation pour enlever le comté qu'il représente depuis 1998. Pour une raison que l'on ignore, le dépouillement du vote par anticipation n'a débuté qu'en milieu de soirée, contrairement au reste du Québec, où les boîtes ont été ouvertes dès 19 heures. Selon l'attaché de presse de Jean Charest, le dépouillement «a été ralenti par les gens du Parti québécois», sans donner d'autres explications. Le vrai lapin Quoi qu'il en soit, on peut dire ironiquement que le vrai lapin pour les libéraux est sorti du chapeau hier soir. Et cette fois, ce n'est pas Mario Dumont qui l'a fait apparaître, mais les électeurs québécois qui ont envoyé un fort message de protestation aux «vieux partis» de Jean Charest et d'André Boisclair. On se souviendra des paroles de Jean Charest lors du débat du 13 mars lorsque le chef de l'Action démocratique avait sorti sa «note administrative» sur le viaduc de la Concorde. Il avait reproché à Mario Dumont de sortir «un lapin de son chapeau» qu'il avait jugé inacceptable. Le message de Jean Charest sur l'importance d'élire un gouvernement fort libéral face au reste du Canada et sur les dangers de laisser une coalition adéquiste et péquiste détenir la majorité des sièges n'a de toute évidence pas été entendu ni cru. Plusieurs ministres de son cabinet ont mordu la poussière dont Pierre Corbeil, Michel Després, Françoise Gauthier et Carole Théberge. Salle presque déserte Image symbolique, la grande salle des libéraux de l'hôtel Delta, à Sherbrooke, a été quasi déserte une bonne partie de la soirée. Ce n'est que lorsque la victoire de Jean Charest a été officielle que l'ambiance a repris du mieux. Le président du Parti libéral du Québec, Marc-André Blanchard, tout en continuant à défendre la campagne et le bilan de son chef, a admis qu'il y avait «un message envoyé par la population» que son parti devra «décoder dans les prochaines semaines». Un message au PQ Selon lui, le message «le plus fort» du peuple ne s'adresse pas à son parti mais au Parti québécois, qui est relégué comme tiers parti. «Il est clair que les gens ne veulent pas de référendum», dit-il. Me Blanchard ne croit pas que le leadership de Jean Charest soit en péril. Au contraire, soutient-il, «nous avons besoin de Jean Charest pour bien nous orienter dans les prochains mois».
À 23h30, les organisateurs libéraux n'étaient toujours pas en mesure de dire à quelle heure leur chef allait s'adresser aux Québécois.
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