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Ligne dure de la CAQ sur les signes religieux: «choquant et attristant»

Ligne dure de la CAQ sur les signes religieux: «choquant et attristant»

Dalila AwadaCapture d'écran, TVA Nouvelles

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MONTRÉAL - La militante féministe Dalila Awada dénonce l'annonce faite par le futur gouvernement Legault du renvoi des employés de l'État en situation d'autorité qui refuseraient de retirer leurs signes religieux au travail.

Mme Awada s'est entretenue avec TVA Nouvelles jeudi midi.

Avec sa menace de renvoyer les personnes en position d'autorité qui ne retireraient pas leurs symboles religieux, la CAQ semble adopter la ligne dure. Qu'en pensez-vous?

«C'est choquant et attristant, parce que ça sort un peu de nulle part. Ça n'a pas été un enjeu électoral si important que ça, et à peine deux jours après l'élection de la CAQ, c'est la première chose qu'ils décident de mettre de l'avant. On peut se poser des questions à ce sujet-là. Adopter la ligne dure et faire planer le spectre de renvoi, sans vouloir utiliser le mot, ce sont des gens en chair et en os qui vont perdre leur emploi. C'est comme si cette interdiction n'a pas de visage humain. On fait des lois abstraites, sans penser aux personnes qui vont être touchées par ça, qui vont devoir travailler dans des champs de compétence qui ne sont pas les leurs.»

Selon vous, est-ce qu'un État laïc est nécessairement xénophobe?

«Absolument pas. La laïcité est une nécessité dans une société pluraliste comme la nôtre. Le problème, c'est qu'on ne comprend pas très bien la définition de la laïcité, ou bien on l'instrumentalise et on l'utilise à toutes les sauces. Au contraire, la laïcité est supposée protéger les droits et les croyances, ainsi que les non-croyances, de tous les citoyens et citoyennes.»

Pourquoi est-ce si important pour vous d'afficher vos croyances au travail?

«Ce n'est pas que c'est si important, mais à un moment, on fait des choix de vie, on décide d'adopter un certain code vestimentaire. Ça fait partie d'une identité, de qui on est, de notre socialisation. La question qu'on devrait plutôt se poser, c'est plutôt pourquoi on est incapable de cohabiter avec des gens qui ont des apparences et des croyances un peu différentes, si ces gens-là font bien leur travail.»

Pourquoi ce sujet attise-t-il le débat au Québec?

«C'est un sujet très émotif. Dès qu'on touche aux questions d'identité religieuses dans un contexte québécois où la religion est un sujet assez houleux, ça vient titiller quelque chose, ça réveille des émotions et je pense qu'il y a bien des politiciens qui savent que c'est une carte qui fonctionne et que ça peut permettre de diviser la population. Malheureusement, cette division-là profite toujours à la même élite économique.»



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