Patrick Bellerose
Agence QMI

Commentaires sur les juifs hassidiques: Michelle Blanc refuse de s'expliquer

Commentaires sur les juifs hassidiques: Michelle Blanc refuse de s'expliquer

Dario Ayala / Agence QMI

Patrick Bellerose

La candidate péquiste Michelle Blanc a refusé d'expliquer ses commentaires passés sur les juifs hassidiques samedi lors d'une conférence de presse en compagnie de Jean-François Lisée monopolisée par la question.

Michelle Blanc n'a jamais commenté ses propos depuis que l'organisation de défense des droits des juifs B'nai Brith a appelé le chef péquiste Jean-François Lisée à expulser sa candidate de la campagne, la semaine dernière. Samedi, la candidate a simplement cité l'ex-premier ministre Winston Churchill en lançant : «Pas de commentaires».

Jean-François Lisée a également refusé de répondre aux barrages de questions des journalistes, qui ont occulté l'annonce du plan numérique qu'il était venu dévoiler. Il estime avoir vidé le sujet en début de semaine. «On a répondu à toutes les questions, sous tous les angles et on n'a rien à dire», a-t-il commenté.

Quand la controverse a éclaté en début de semaine, Jean-François Lisée a martelé qu'il défend à la fois la liberté de religion et la liberté d'expression. B'nai Brith, disait-il, se livre à une tentative d'intimidation envers ceux qui critiquent la religion. Par contre, il refuse de commenter les propos de Mme Blanc sur le fond.

Propos controversés

En 2007, la candidate péquiste dans Mercier écrivait dans un billet de blogue, intitulé Suis-je raciste?, que les juifs hassidiques de Montréal «sont en train, par leur attitude, de développer chez moi, un fort sentiment d'intolérance à leur égard».

Elle citait l'exemple d'un homme de cette communauté religieuse orthodoxe qui a coupé la file d'attente pour payer son achat chez le fleuriste. Après qu'elle l'ait traité de «trou du c.», l'homme lui a répondu qu'elle était raciste. «S'il ne s'était pas en aller aussitôt, pour la première fois de ma vie, j'aurais probablement frappé quelqu'un par intolérance», écrit-elle.

Plus loin, elle se questionne à savoir «pourquoi ne font-ils pas comme d'autres sectes extrémistes qui se réfugient dans le milieu des bois, à l'orée de la civilisation»? «Il serait tellement plus facile pour eux et pour moi, qu'ils disparaissent vraiment de ma vue, tout comme ils semblent faire l'impossible que je disparaisse de la leur ?», écrit-elle.

Autres controverses

Ce n'est pas la première fois que Jean-François Lisée doit défendre sa candidate dans Mercier depuis le début de la campagne électorale. Dans un tweet publié fin août, Michelle Blanc a insinué, sans aucune preuve, que le blogueur anti-islamophobe Xavier Camus serait pédophilie.

La candidate s'est ensuite excusée pour cette «insinuation fausse sans aucun fondement» et le chef péquiste a accepté de passer l'éponge.

Deux autres tweets passés sont aussi revenus hanter la candidate. Dans le premier, la candidate transgenre reprochait à un employé de Bell Canada d'origine africaine de l'avoir appelé «monsieur». «Ma réponse ta voix est africaine et je ne t'appelle pas mon petit nègre...», écrivait-elle.

Le second, publié en 2011, affirmait : «Merde, j'ai oublié de fêter l'anniversaire de Hitler la semaine dernière!». M. Lisée a depuis qualifié le tweet d'«humour noir», tout en refusant d'en expliquer le contexte.

Candidate compétente, selon Lisée

Sans vouloir dire si les propos passés de Mme Blanc nuisent à la campagne du PQ, Jean-François Lisée a réitéré samedi que celle-ci a «des compétences remarquables sur le numérique».

Mais le chef péquiste a refusé de dire si Michelle Blanc occuperait un poste de ministre dans un éventuel gouvernement Lisée. «Je ne fais pas le conseil des ministres avant l'élection», dit-il.



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