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La marijuana pas avant 21 ans, souhaitent les psychiatres

La marijuana pas avant 21 ans, souhaitent les psychiatres

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L'Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ) a dévoilé, lundi, sa position sur la légalisation du cannabis et demande au gouvernement canadien de hausser l'âge légal à 21 ans.

Selon plusieurs études, la consommation de marijuana augmente le risque de développer des troubles psychotiques comme la schizophrénie.

«Quand on sait que le risque de psychose augmente de 40% chez tous ceux qui ont consommé du cannabis au cours de leur vie et que la consommation peut précipiter le déclenchement de la maladie, qui survient en moyenne 2,7 ans plus tôt chez les consommateurs, autoriser l'achat de cannabis à 18 ans est une fausse bonne idée», a indiqué la docteure Karine J. Igartua, présidente de l'AMPQ, par l'entremise d'un communiqué.

«Augmenter cet âge à au moins 21 ans permettrait de trouver un meilleur équilibre entre, d'une part, la volonté du gouvernement de réduire les méfaits engendrés par le marché illicite du cannabis et, d'autre part, la nécessité de tenir compte des enseignements de la science pour protéger les générations à venir», plaide-t-elle.

L'AMPQ mentionne que le cerveau humain ne cesse de se développer jusqu'à l'âge de 25 ans et que l'inhalation régulière de cannabis pendant cette période, soit l'adolescence et le début de l'âge adulte, comporte un énorme risque.

Un sondage mené auprès des médecins psychiatres indique que 72 % d'entre eux pensent que la légalisation de marijuana fera apparaître plus tôt les premiers symptômes de troubles psychotiques.

Dix recommandations de l'APMQ

1. Fixer l'âge minimal pour acheter et consommer du cannabis à 21 ans.

2. Déterminer une concentration maximale de THC de tout produit de cannabis légalement en vente au Canada.

3. Imposer l'obligation d'indiquer clairement la teneur en THC et en CBD sur les emballages.

4. Interdire toute forme de publicité visant à promouvoir la consommation du cannabis et imposer l'emballage neutre.

5. Interdire la culture à domicile à des fins non médicales.

6. Adopter un modèle de distribution du cannabis rigoureusement réglementé qui favorise des objectifs de santé publique et qui n'est soumis à aucune logique de profit ou de croissance des activités de vente. Le modèle de distribution choisi devra notamment prévoir :

a. un contrôle strict de la localisation des points de vente, tenant compte de la présence d'établissements d'enseignement (écoles et CEGEPS), de maisons des jeunes, de centres de loisirs et des populations à risque;

b. la formation continue des employés afin qu'ils soient outillés à dépister les consommateurs présentant des signes de troubles mentaux ou de dépendance;

c. un mécanisme de référence, tel un corridor de service vers les ressources spécialisées en toxicomanie et en traitement des premiers épisodes psychotiques pour les consommateurs qui présentent des signes de vulnérabilité.

7. Développer un programme d'éducation dans le cursus des études, dès le début du secondaire, sur les conséquences de la prise de drogues.

8. Développer des outils pour outiller les parents à discuter des risques du cannabis avec leur adolescent et à détecter précocement les premiers signes de psychose et savoir où consulter.

9. Déployer des campagnes de publicité visant à débanaliser l'utilisation du cannabis et à la rendre moins socialement désirable chez les jeunes.

10. Assurer un financement adéquat aux provinces pour des ressources additionnelles destinées au traitement des effets du cannabis, comme les programmes de premiers épisodes psychotiques et les programmes de traitement des dépendances.



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