Emmanuel Martinez
Agence QMI

La circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques pas abolie

La circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques pas abolie

Manon Massé.Photo Toma Iczkovits / Agence QMI

Emmanuel Martinez

MONTRÉAL - La circonscription montréalaise de Sainte-Marie-Saint-Jacques représentée par la députée Manon Massé de Québec solidaire ne sera pas abolie, mais celles d'Outremont et de Mont-Royal seront fusionnées, a annoncé la Commission de la représentation électorale, jeudi matin.

La députée de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, a donc gagné son pari pour empêcher la disparition de sa circonscription provinciale.

«Nous avons sauvé Sainte-Marie-Saint-Jacques. Cette victoire, c'est la victoire du fier monde du Centre-Sud», a-t-elle mentionné sur Twitter.

«De penser que ta parole va disparaître (...), c'est angoissant, c'est stressant», a par la suite expliqué la représentante de Québec solidaire en conférence de presse.

«Encore une fois le monde ordinaire "ont" pris les moyens, par la poésie, par les chants, par les mobilisations, par la rue, par les pétitions. Le fier monde, c'est toujours de même qu'on s'est exprimé. Là où l'élite ne veut pas nous entendre, on trouve nos moyens à nous autres. Et on y est arrivé. Bravo!» a-t-elle ajouté.

L'abolition de cette circonscription prévue par la Commission de la représentation électorale avait suscité un tollé parmi des élus et des citoyens qui s'étaient mobilisés pour la préserver. Manon Massé avait d'ailleurs déposé une pétition au Directeur général des élections du Québec (DGEQ) pour réclamer une consultation publique sur le projet de révision de la carte électorale. Elle avait eu, entre autres, l'appui du maire de Montréal, Denis Coderre, et du Parti québécois.

La Commission a changé d'idée concernant sa proposition de créer une nouvelle circonscription, Ville-Marie, constituée de parties des circonscriptions actuelles de Sainte-Marie-Saint-Jacques, de Saint-Henri-Sainte-Anne et de Wesmount-Saint-Louis.

«Les disparités socioéconomiques, tant au regard des revenus des ménages et de la langue que des communautés d'intérêts, ont aussi été largement soumises. Il a également été souligné que des constructions domiciliaires à venir auront une incidence sur la croissance démographique à moyen terme», a mentionné la Commission par communiqué pour expliquer sa décision.

Elle a précisé que la nécessité de préserver le poids politique d'un parti à l'Assemblée nationale n'a pas été considérée «dans la prise de décision finale».

En ce qui concerne la fusion entre Outremont et Mont-Royal, la Commission souligne que ces circonscriptions font partie des 17 sur les 28 de l'île de Montréal dont le nombre d'électeurs est inférieur à la moyenne québécoise de 48 387.

L'abolition d'une circonscription en Mauricie est aussi maintenue, pour en créer deux dans les Laurentides et dans la Lanaudière, dont certains secteurs connaissent une forte croissance démographique.

Naissance de la circonscription Maurice-Richard

Finalement, la Commission a décidé de changer le nom de la circonscription montréalaise de Crémazie qui s'appellera dorénavant Maurice-Richard, pour honorer la mémoire de ce grand joueur de hockey qui a vécu durant une cinquantaine d'années à cet endroit dans Ahuntsic.


Maurice Richard en 1954 sur la glace du Forum de Montréal. Photo Getty Images

«Au-delà de ses exploits à titre de hockeyeur, il y est reconnu pour son implication communautaire, notamment au regard du sport amateur, et il a été un personnage marquant pour l'ensemble des Québécois», a dit la Commission, qui avait reçu plusieurs propositions pour que la circonscription porte le nom de cette vedette du Canadien de Montréal. Il s'agit de la première fois qu'un sportif est ainsi honoré au Québec.

La députée de cette circonscription, Marie Montpetit, s'est dite «extrêmement heureuse» de cette décision, elle qui s'était battue pour que cela devienne réalité.

«Il n'y a rien de significatif qui portait le nom de Maurice Richard au Québec. Il fait enfin son entrée à l'Assemblée nationale», a mentionné la députée libérale, qui souligne que des associations locales militaient depuis une quinzaine d'années pour ce changement de nom, dont celles des Braves d'Ahuntsic, fondée en partie par l'ancienne gloire du Canadien.



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