Jean-Luc Lavallée
Agence QMI

Moreau va dévoiler son offre aux juristes de l'État

Moreau va dévoiler son offre aux juristes de l'État

Pierre Moreau. Photo Simon Clark / Agence QMI

Jean-Luc Lavallée

QUÉBEC - Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, entend faire la démonstration qu'il a offert aux juristes de l'État le même traitement salarial que les procureurs de la Couronne, contrairement à leurs prétentions. Une guerre de chiffres se dessine.

Mardi, M. Moreau s'était dit prêt à rendre publique la dernière offre patronale pour prouver ses dires, à condition d'avoir «l'autorisation» de l'exécutif syndical. En fin de journée, à l'issue du vote qui reconduit la grève générale illimitée, le président des avocats et notaires de l'État québécois, Me Jean Denis, lui a donné sa bénédiction.

Les médias seront conviés à un «briefing technique» jeudi, a annoncé le ministre. «On va faire la démonstration que l'offre qui est sur la table à l'heure actuelle va mettre dans les poches des juristes de l'État, après la période de quatre années, exactement la parité avec les procureurs de la Couronne», a-t-il déclaré à l'entrée du caucus libéral mercredi matin.

«Pour m'assurer du caractère tout à fait objectif de la présentation, j'ai demandé à la négociatrice en chef du Conseil du trésor d'être accompagnée des experts en rémunération du Conseil du trésor qui vont vous faire cette démonstration-là», a-t-il ajouté.

Huile sur le feu

Surpris et déçu du résultat du vote des membres, qui ont refusé l'offre du gouvernement dans une proportion de 96 %, le ministre s'est néanmoins dit prêt à retourner à la table de négociations dès que possible.

Il s'est également défendu d'avoir mis de l'huile sur le feu avec ses déclarations de la veille et dit n'avoir «aucun regret», malgré la grogne des juristes qui, contre toute attente, ont refusé de rentrer au travail, bien qu'ils n'aient plus de revenus puisque leur fonds de grève est à sec.

«Je veux un débat posé, je ne veux pas d'enflure verbale. On peut m'accuser de tout et de rien, ça ne changera pas mon attitude qui doit être compatible avec la fonction que j'occupe. L'argent que je mets sur la table dans une négociation, ce n'est pas le mien, c'est celui des contribuables. Ce n'est pas en répondant aux insultes et aux injures qu'on crée un climat propice à la négociation», a-t-il déclaré.

Pas de loi spéciale en vue

Même si sa marge de manœuvre est limitée pour bonifier son offre, Pierre Moreau demeure persuadé d'en arriver à une entente négociée. Pour l'heure, il écarte toujours la possibilité de recourir à une loi spéciale pour forcer le retour au travail des quelque 1100 avocats et notaires du gouvernement.

«Je ne dis pas qu'il n'y en aura jamais, mais je ne suis pas là. Je n'ai pas passé de commande, je n'ai pas donné d'instruction.»

Couillard refuse d'intervenir

Le premier ministre Philippe Couillard n'a pas l'intention de s'impliquer personnellement dans ce conflit, déclinant l'invitation des représentants syndicaux.

«Quand M. Moreau est à la table, il parle en mon nom, il parle au nom du gouvernement. Tout est sur la table depuis plusieurs semaines pour que les juristes n'aient pas à se priver de revenus, puissent rentrer au travail», a-t-il dit, jugeant la plus récente offre «franchement satisfaisante».

«Je ne comprends pas pourquoi ces gens qu'on respecte, avec lesquels on travaille, que je connais moi-même veulent rester à l'écart du travail et se priver de revenus alors qu'ils ont obtenu une partie essentielle de leurs demandes. Et l'autre partie, sur le statut professionnel, nous sommes prêts à un processus véritablement sincère et effectif pour en parler, alors je ne comprends pas trop la stratégie qui est visée», a-t-il renchéri.

Aussi sur Canoe.ca



Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook

Vidéos

Photos