Charles Lecavalier
Agence QMI

Le débat sur la laïcité s'enflamme à nouveau

Charles Lecavalier

QUÉBEC - Près de 15 jours après l'attentat dans une mosquée de Québec, le débat politique sur la laïcité s'est de nouveau enflammé à l'Assemblée nationale alors que Philippe Couillard a dû préciser sa pensée après avoir attaqué le Parti québécois.

«Je ne voudrais pas revenir sur les événements malheureux dont ce parti a été l'auteur, qui ont mené effectivement à une augmentation... », a tout d'abord lancé le premier ministre lors de la période de questions mercredi.

Il répondait à une question de Jean-François Lisée, qui estime que M. Couillard «fait lui-même preuve d'intolérance» en affirmant que la «position des autres [...] représentait une dérive néfaste et qu'elle pouvait normaliser les discours xénophobes».

Le leader parlementaire du Parti québécois a immédiatement protesté. «Accuser le Parti québécois d'être à la source de cette intolérance, c'est impardonnable, je lui demande de changer le ton», a déploré Pascal Bérubé.

M. Couillard a ensuite précisé que ce n'est «pas du tout ce [qu'il] voulait transmettre comme message». La veille, il disait que le débat sur la charte des valeurs du gouvernement Marois avait créé une «normalisation du discours de l'exclusion et de la xénophobie». De l'avis du premier ministre, toute forme d'interdiction de port de signes religieux relève de la «discrimination vestimentaire».

Le premier ministre, un «récidiviste de l'intolérance»

Le chef péquiste Jean-François Lisée a immédiatement répliqué. «Le premier ministre est un récidiviste de l'intolérance avec les gens qui ne sont pas d'accord avec lui», a-t-il dénoncé. Il déplore que tous ceux qui se rangent derrière les recommandations de la commission Bouchard-Taylor, soit l'interdiction des signes religieux pour les employés publics en position de coercition, soient vus comme intolérants.

La question ne sera pas réglée de sitôt. Le projet de loi 62 qui prévoit que les services publics soient reçus et donnés à visage découvert n'est plus la priorité: l'étude du projet de loi 98 sur les ordres professionnels passera en premier.

Le gouvernement argue que ce dernier est prioritaire puisqu'il permettrait aux immigrants de s'intégrer davantage au marché de l'emploi. De son côté, Jean-François Lisée souhaite y joindre plusieurs idées, comme l'établissement d'un projet pilote de «C.V. anonymes» pour éliminer la discrimination à l'embauche en fonction du nom.

«Il se trouve qu'il y a un Tremblay, il y a un El Malbrouk là-dedans, c'est à vous de faire le choix final. Si vous ne choisissez jamais après 15 ans le El Malbrouk, vous allez avoir un problème», a lancé M. Lisée lors d'un point de presse au matin.

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