Marc-André Gagnon
Agence QMI

Vaillancourt en prison: réactions mitigées à Québec

Marc-André Gagnon

QUÉBEC - Le plaidoyer de culpabilité enregistré par l'ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a entraîné à la fois un vent de soulagement et d'inquiétude à l'Assemblée nationale.

«Le message qui est envoyé, et pas aujourd'hui seulement, mais depuis quelques années, c'est que personne n'est au-dessus des lois, a réagi le premier ministre Philippe Couillard. Les élus ont un devoir d'exemplarité particulier et je pense qu'on en est tous et toutes très conscients.»

«Le message, et c'est le message qu'on porte depuis des années, c'est qu'il n'y a personne qui est au-dessus des lois au Québec. Personne», a indiqué la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, en abondant dans le même sens.

À l'instar de M. Couillard, Mme Vallée a refusé d'aller plus loin puisque d'autres dossiers en lien avec celui de l'ex-maire de Laval sont toujours devant les tribunaux.

«Généralement, lorsque quelqu'un plaide coupable, la personne plaide coupable parce qu'il y a un dossier solide qui a été monté», s'est limitée à dire la ministre de la Justice. 

Soulagement

À l'entrée du caucus libéral, son collègue Jean Rousselle, qui est un ex-policier de Laval, a poussé un soupir de soulagement.

«Laval avait besoin de ça, à un moment donné, d'avoir un répit, a lancé le député de Vimont, en rappelant que le dossier de M. Vaillancourt était devant les tribunaux depuis longtemps déjà. Je pense que c'est bien pour toute la population et la classe politique.»

«Ce n'est pas parfait, mais au moins on va avoir un dénouement», a dit le député libéral de Portneuf, Michel Matte.

«Il faut au moins qu'il y ait quelqu'un qui soit puni, a indiqué à son tour le député libéral d'Orford, Pierre Reid. On peut discuter de l'ampleur de la punition ou pas, ça c'est autre chose, mais moi, je suis content en tout cas, personnellement, que ça aboutisse puis qu'il y ait quelqu'un qui a fait de la fraude s'en aille en prison.»

Inquiétude

De son côté, le chef de l'opposition officielle, Jean-François Lisée, s'est montré tout sauf rassuré.

«Aujourd'hui, à Laval, est en train de se conclure une affaire gravissime, un maire qui a pendant des décennies dirigé ce que la Couronne a appelé un groupe de gangsters et, d'après ce qu'on comprend, il va s'en tirer avec deux ans de pénitencier ; s'il est sage, deux ans. Comme disait ma belle-mère, ç'a le goût de trop peu», a déclaré en chambre M. Lisée.

«M. Vaillancourt a eu dans ses mains un pouvoir de négociation qu'il n'aurait pas dû avoir, et ce pouvoir, c'est l'incurie de ce gouvernement, qui est responsable de ne pas pouvoir aller au bout des accusations auxquelles la population s'attend.»

Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, aurait quant à lui souhaité que la preuve, en tout ou en partie, soit rendue publique.

«J'ai peur que la vérité et la justice ne soient pas bien servies», a indiqué en point de presse le député de Mercier.

M. Khadir a par ailleurs comparé «le système de corruption» qui sévissait à Laval aux années où le Parti libéral était dirigé par Jean Charest.

«M. Charest a opéré à l'échelle du Québec de la même façon que M. Vaillancourt opérait à l'échelle de Laval: kickbacks, retours dans le financement de son parti, écoutez, c'est les mêmes affaires», a dit M. Khadir, qui craint que ce soit encore le cas sous Philippe Couillard.

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