Régys Caron
Agence QMI

Le système de justice frappé par une «tempête parfaite», dit Lisée

Le système de justice frappé par une «tempête parfaite», dit Lisée

Jean-François Lisée.Photo Archives / Agence QMI

Régys Caron

QUÉBEC - Le système de justice québécois vit une «tempête parfaite» marquée par la multiplication des arrêts de procédures, les millions de dollars qui échappent à l'État et une grève des juristes qui paralyse le bras judiciaire du gouvernement, croit le chef du PQ, Jean-François Lisée.

«C'est comme si on avait une tempête parfaite. Il y a la question des photos radars. Les juristes qui sont en grève, on perd des revenus parce que les juristes ne sont pas là, il y a des délais en plus. Où est le capitaine ?», a demandé le chef du PQ Jean-François Lisée, jeudi matin à l'Assemblée nationale.

L'appareil judiciaire québécois est à ce point engorgé que les avocats du ministère public doivent départager les causes «graves, très graves et extrêmement graves» pour choisir quels procès tenir ou ne pas tenir, déplore la députée péquiste Véronique Hivon.

«Est-ce que des accusations ne seront pas portées ?», a demandé la députée de Joliette.

«Le rapport de force de la justice est affaibli dans chaque négociation avec les accusés», a renchéri Jean-François Lisée.

Exemple de Vaillancourt

La cause impliquant l'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt est un exemple, a affirmé le chef du PQ. Ce dernier a obtenu que la Couronne retire l'accusation de gangstérisme, la plus grave qui pesait contre lui, contre un plaidoyer de culpabilité.

«Les accusés savent qu'ils peuvent s'en sortir avec une peine moindre», a déploré M. Lisée.

«Cette crise-là fait en sorte qu'on en arrive à des sentences réduites, ça envoie le message d'une justice complètement désorganisée», a ajouté Mme Hivon.

Quant aux millions réclamés par Revenu Québec auprès de contribuables présumés fautifs, cet argent est en voie d'être perdu, craint le PQ. «Chaque semaine qui passe, les millions sont de moins en moins récupérables. La cause Jordan s'applique à ces causes-là (...) On est dans l'urgence», a imploré Mme Hivon.

Pour sa part, la CAQ demande au gouvernement Couillard de relancer les négociations avec les 1100 juristes de l'État qui sont en grève.

«Les Québécois vont perdre des millions à cause de la grève des juristes, notamment des amendes impayées à Revenu Québec. Ça fait six semaines qu'on laisse les juristes en grève, c'est un manque de respect de ne pas négocier avec eux», a dit le député Simon Jolin-Barrette.

Le premier ministre Philippe Couillard a déclaré qu'il n'était pas question pour le gouvernement de retourner à la table des négociations à moins que le syndicat des juristes (LANEQ) n'abandonne sa demande de remplacer le modèle de négociation patronale syndicale par un système d'arbitrage.



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