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Jean Lapierre: la mort tragique d'un homme de passion

Jean Lapierre, un communicateur très aimé

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Dernière mise à jour: 29-03-2016 | 19h39

MONTRÉAL - L'annonce du décès subit et tragique du chroniqueur et analyste politique Jean Lapierre a suscité de vives et nombreuses réactions venues de toutes les sphères politiques et sociales.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, un des anciens collègues de Jean Lapierre, peinait à retenir ses larmes. «Il existe des moments dans la vie où on se demande tout simplement pourquoi quelqu'un d'aussi vivant et enjoué que Jean Lapierre, qui pour aller aider sa maman, prend un avion et se rend pour la soutenir, et meurt écrasé en avion avec sa conjointe, ses deux frères et sa soeur», a-t-il mentionné.

Denis Coderre s'est dit bouleversé par ce fatal accident pour celui qui selon lui, «avait su redéfinir le mot incontournable. C'était quelqu'un qui aimait la politique, mais c'était avant tout un communicateur né», a-t-il confié.

L'ancien premier ministre Jean Charest, aussi ancien député fédéral, a affirmé pour sa part en avoir «littéralement le souffle coupé et la politique va changer au Québec. C'est à ce point important. Sa présence pesait à ce point que la politique ne sera pas la même.»

La mort de l'homme au petit calepin noir qui colligeait ses informations a ébranlé Pauline Marois. «C'était un hyperactif, un bourreau de travail. C'était un bon analyste. Moi, ce que j'aimais de lui, c'est souvent le gros bon sens qui primait, puis il n'y avait pas beaucoup de dérapages. Parfois il exagérait un peu, mais bon, c'est un peu normal, il était chroniqueur», a-t-elle confié.

Une commotion

Ce départ brutal a causé une véritable commotion à l'Assemblée nationale du Québec. Le premier ministre Philippe Couillard a pris un ton très personnel, s'adressant directement au disparu. «Tu étais aimé et admiré. Merci pour tout ce que tu nous as donné».

Le chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, a fait observer «Nous n'entendrons plus avec sa voix et ses histoires: Salut! Salut! Triste nouvelle que celle du départ d'un gars exceptionnel. Mes sincères condoléances aux enfants et aux proches de Jean Lapierre et Nicole Beaulieu. Une pensée pour la mère de Jean».

François Legault, chef de la Coalition avenir Québec s'est aussi dit atterré par cette nouvelle, lui qui avait connu de bonnes soirées avec Jean Lapierre et sa conjointe Nicole. «J'ai eu tellement de plaisir avec Nicole et Jean, deux passionnés de la vie. On perd un gros morceau», a-t-il confié sur les ondes de TVA Nouvelles.

Il a ajouté qu'il était «le premier au courant de toutes les nouvelles. Il connaissait tout le monde. Il m'a aidé à trouver des personnes que j'ai engagées à la CAQ.»

Chez Québec solidaire, Françoise David a aussi souligné la mémoire d'un homme qui a su faire partie du quotidien de milliers de Québécois. «Mes pensées sont avec les membres de la famille Lapierre qui vivent une terrible tragédie. Le Québec perd une grande voix». Amir Khadir a renchéri en mentionnant «nos échanges étaient costauds, mais toujours authentiques».

Un être unique

La perte de Jean Lapierre ébranle le Groupe TVA, «Jean était un être unique. Son style, sa passion et son humour auront sans doute amené beaucoup de Québécois à s'intéresser davantage à la politique», a confié la présidente et chef de la direction de Groupe Média et de Groupe TVA, Julie Tremblay.

Son collègue de plateau à TVA, Mario Dumont, qui comme Jean Lapierre est passé de la politique à la vie médiatique, n'a eu besoin que de quelques mots pour traduire sa pensée: «Une énorme tristesse. Un homme de cœur».

La ministre québécoise de l'Économie, Dominique Anglade, avait parlé à Jean Lapierre mardi matin, quelques minutes avant qu'il ne prenne son avion vers les Îles-de-la-Madeleine, pour porter réconfort à sa mère, après le décès de son père survenu la veille. «J'échangeais avec lui ce matin sur la mort. Le fier Madelinot nous a quittés. Sincères pensées aux enfants».

À l'hôtel de ville de Montréal, le chef intérimaire de Projet Montréal, Luc Ferrandez a parlé pour sa part d'un «homme qui nous expliquait les dessous de la politique chaque jour».

Des échos jusqu'à Ottawa

Le premier ministre Justin Trudeau a été ébranlé, qualifiant la nouvelle de grande perte pour le monde politique. «Je pense à plusieurs moments avec Jean, des discussions franches et des entrevues corsées.»

Le chef du NPD, Thomas Mulcair a s'est dit sous le choc après le décès tragique de Jean Lapierre et de plusieurs de ses proches. «Son absence laissera un grand vide dans le quotidien des hommes et des femmes politiques, tous partis confondus, et de l'ensemble des Québécois et des Canadiens. Nous nous ennuierons des chroniques hautes en couleur de ce communicateur né, qui, plus souvent qu'autrement, réussissait à dicter l'enjeu politique du jour», a déclaré Thomas Mulcair.

L'ancien premier ministre Paul Martin a aussi partagé quelques souvenirs. «Pour moi, c'était un grand ami. Quelqu'un d'une intégrité, qui a une vision, mais aussi, il était remarquable, il souriait, il travaillait et je pense que le Canada vient de perdre un atout. [...] Il avait une vision de ce que le Canada pouvait faire, puis de ce que le Québec pourrait faire et devrait faire.»

Le député conservateur et ex-lieutenant politique de Stephen Harper au Québec, Denis Lebel, dit avoir perdu un «ami».

«On se parlait régulièrement et il me donnait des conseils, on échangeait régulièrement. (...) J'appréciais sa vivacité et son honnêteté. Même si ça ne faisait pas notre affaire, il nous disait ce qu'il pensait et moi je l'ai toujours apprécié. Si c'était blanc, c'était blanc, si c'était noir, c'était noir, mais c'est un gars qui nous donnait l'heure juste quant à sa pensée à lui», a dit M. Lebel.

L'ex-ministre libérale Sheila Copps s'est aussi dite choquée par la triste perte de son ancien collègue. Avec M. Lapierre, elle faisait partie d'un groupe de jeunes députés libéraux surnommés le Rat Pack qui, en 1984, malmenaient aux Communes les troupes du premier ministre Brian Mulroney.

«C'est vraiment une personne qui aimait ce qu'il faisait et qui aimait non seulement comprendre, mais expliquer la politique. C'était dans ses veines», a-t-elle affirmé

L'analyste politique, connu pour son langage coloré et ses contacts bien informés dans la sphère politiques, est décédé subitement, mardi, à l'âge de 59 ans, dans l'écrasement d'un petit avion aux Îles-de-la-Madeleine. Sa femme et trois membres de sa famille, ainsi que les deux membres de l'équipage sont également morts dans cette tragédie.

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