Régys Caron
Agence QMI

Patron de l'UPAC: les libéraux en conflit d'intérêts

Patron de l'UPAC: les libéraux en conflit d'intérêts

Pascal Bérubé. Photo Archives / Agence QMI

Régys Caron

QUÉBEC - Le gouvernement Couillard est en conflit d'intérêts en se réservant la prérogative de nommer le patron de l'UPAC, soutient le Parti québécois (PQ).

«Oui. Il l'est clairement. Il y a des enquêtes qui touchent le financement de leur formation politique [...] Avec ce qui se passe, notamment ce qui touche le Parti libéral, il est essentiel de se donner des assises encore plus solides. La façon de s'assurer d'une plus grande probité, c'est de permettre aux deux tiers de l'Assemblée nationale d'apprécier les candidatures», a soutenu le député Pascal Bérubé.

Le patron actuel de l'UPAC est Robert Lafrenière, qui terminera son mandat de cinq ans le 31 mars. Le mode de nomination relève du gouvernement, sur recommandation d'un comité où siègent François Côté, ex-secrétaire général de l'Assemblée nationale, Pauline Champoux-Lesage, ex-protectrice du citoyen, et Marie-Andrée Trudeau, ex-procureure-chef aux poursuites criminelles et pénales.

Le PQ demande que le directeur de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) soit désigné par les deux tiers des députés de l'Assemblée nationale. «C'est déjà le cas pour le directeur général des élections, le vérificateur général, le commissaire à l'éthique, le protecteur du citoyen, le commissaire au lobbyisme», a plaidé Pascal Bérubé au Salon bleu.

Nomination «analogue»

En l'absence du ministre de la Sécurité publique, le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, a défendu la position du gouvernement en citant une recommandation de la commission Charbonneau suggérant que le mode de nomination du commissaire à la lutte contre la corruption soit «analogue» à celui du directeur des poursuites criminelles et pénales, qui relève du gouvernement.

L'ex-ministre péquiste de la Sécurité publique Stéphane Bergeron a ajouté son grain de sel. «Le mode de nomination est vicié parce qu'on sait pertinemment que l'Unité permanente anticorruption devra enquêter éventuellement sur l'attribution de contrats par les autorités publiques [...] C'est le gouvernement qui nomme celui qui va enquêter sur ses activités, on a un problème», a dit M. Bergeron en point de presse.

La députée de Québec solidaire Françoise David a exprimé les mêmes réserves. «En conflit d'intérêts, je comprends l'idée. Le plus important, c'est que le patron de l'UPAC soit nommé par l'Assemblée nationale. Ça n'a aucun sens que le patron de l'UPAC soit nommé par le parti au pouvoir, au moment où ce parti est accusé de toutes parts d'avoir eu des pratiques nombreuses de financement illégal», a déclaré Mme David. 

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