Marc-André Gagnon
Agence QMI

La relance économique avant les baisses d'impôt

La relance économique avant les baisses d'impôt

Pierre Karl Péladeau. Photo Simon Clark / Agence QMI

Marc-André Gagnon

QUÉBEC - «Tout le monde est favorable aux baisses d'impôts», reconnaît Pierre Karl Péladeau, mais avant de pouvoir en offrir aux contribuables, encore faut-il que le gouvernement se dote d'un véritable plan de relance économique, croit le chef péquiste.

«On est d'accord avec des baisses d'impôt», a déclaré le porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière de finance, Nicolas Marceau, à la veille du dépôt du budget provincial.

Hors de question, toutefois, de réclamer une baisse d'impôt de 500 $ pour la classe moyenne, comme le suggère la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Le financement proposé par la CAQ, c'est essentiellement de financer des baisses d'impôts [...] en envoyant la facture à nos enfants. [...] On ne peut pas être à l'aise avec ça», a dit le député de Rousseau.

«Nous attendons un budget résolument économique pour relancer la croissance», a signalé Pierre Karl Péladeau. Ça fait deux ans, deux ans qu'il n'y a pas de politique économique. Et donc, la première chose que nous souhaitons, c'est d'en avoir véritablement une.»

Pour ce qui est de la taxe santé, dont l'abolition progressive pourrait être devancée, «il faut quand même rappeler, au départ, que ce sont les libéraux qui l'ont mise en place en 2010, et ce sont donc eux qui ont creusé le trou et qui commencent à le remplir, puis ils voudraient qu'on les applaudisse. Alors, évidemment, ça n'arrivera pas», a prévenu M. Marceau.

L'obsession des dépenses

Échec en terme de création d'emplois, abandons ou suspension de projets majeurs comme FerroAtlantitca ou mine Arnaud, menace de fuite des sièges sociaux avec les récentes transactions impliquant Rona et le Cirque du Soleil, notamment, le chef de l'opposition officielle a dressé un bien sombre portrait du bilan du gouvernement Couillard à la veille du dépôt de son troisième budget.

Le gouvernement Couillard, a observé M. Péladeau, est «obsédé» par «la colonne [...] des dépenses». Il est donc plus que temps, selon lui, de s'intéresser aux revenus, sans pour autant augmenter le fardeau fiscal des Québécois.

«Lorsque vous créez des emplois, évidemment, vous créez des revenus, vous allez payer des impôts, et c'est ce que nous souhaitons. Mais le gouvernement de Philippe Couillard nous dit qu'il ne souhaite pas», a dit M. Péladeau.

Le Québec recule

«En terme de richesse, le Québec a reculé par rapport à l'Ontario», a souligné M. Péladeau, qui réclame au ministre des Finances, Carlos Leitao, un «budget résolument économique pour relancer la croissance».

Le Parti québécois presse aussi le gouvernement de ramener les investissements en éducation à ce qu'ils représentaient avant l'arrivée de Philippe Couillard au pouvoir.

«Si le gouvernement avait maintenu ce qu'on a toujours fait au Québec dans les dix dernières années, en 2004 et 2014, il y aurait eu des investissements de 3,6 %, a rappelé le député péquiste Alexandre Cloutier. Or, le fait qu'ils ont coupé dans les investissements, ça se traduit par un manque à gagner de 1,4 milliard $.»

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