Camille Gaïor
Agence QMI

Radicalisation: 400 000$ pour le Collège de Maisonneuve

Camille Gaïor

Dernière mise à jour: 13-03-2016 | 19h42

MONTRÉAL - Le gouvernement du Québec versera une aide de 400 000 $ au Collège de Maisonneuve permettant l'embauche de «personnes-ressources» pour ce cégep montréalais aux prises avec la radicalisation de certains étudiants.

«Nous devons nous rapprocher de nos 7000 étudiants et nos de 1000 employés, a concédé Malika Habel, directrice du collège de Maisonneuve. Grâce à cette aide, nous pourrons compter sur de nouvelles personnes-ressources qui iront sur le terrain au-devant des membres de notre communauté.»

La direction n'a cependant pas pu préciser ni le type de professionnels qui seront embauchés ni leur nombre, se contentant de dire que «ces ressources seront mises en place dès que possible».

Ces intervenants viendront donc compléter l'équipe de travailleurs de corridor, de psychologues et conseillers au secteur multiculturel, déjà en place dans l'établissement.
Défis de «vivre ensemble»

De son côté, la ministre de l'Enseignement supérieur, Hélène David, qui a préféré parler de défis du «vivre ensemble» plutôt que de radicalisation, espère que ces ressources permettront de «rétablir le dialogue et renouer les liens dans cet établissement».

Début mars, Québec avait déjà octroyé une aide d'un demi-million de dollars au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Bien que cette subvention était spécifiquement destinée aux jeunes en milieu scolaire, le ministre de la Sécurité publique et de la région de Montréal, Martin Coiteux, avait refusé de faire un lien avec la situation au collège de Maisonneuve.

Altercation et inculpations

Cette annonce survient deux semaines après que la direction du Collège eut sollicité l'aide du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal à la suite d'une altercation entre l'imam Adil Charkaoui et un agent de sécurité de l'établissement.

Rappelons que depuis plusieurs mois, des cégépiens du collège de Maisonneuve seraient partis ou auraient tenté de partir vers la Syrie pour rejoindre le groupe État islamique. Deux d'entre eux, Mahdi Jamali et sa copine Sabrine Djaermane, âgés de 18 ans, sont inculpés de terrorisme et de possession de substances explosives.

Loin de la réalité

Dans une lettre publiée fin février, l'association étudiante du cégep affirmait que le phénomène de la radicalisation dépeint par les médias était «bien loin de la réalité vécue au collège».
L'association n'a toutefois pas répondu à nos demandes d'entrevue pour commenter l'impact des sommes d'argent versées par Québec.

De son côté, M. Charkaoui a dit que «l'intégration des différentes communautés s'opère dans l'harmonie la plus totale au collège» et qu'il n'y avait «aucun problème à Maisonneuve au-delà de ce qui est rapporté par les médias.»

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