Agence QMI

Énergie Est: Québec dépose une injonction contre TransCanada

Dernière mise à jour: 01-03-2016 | 15h07

MONTRÉAL - Québec a déposé une injonction pour forcer TransCanada pour à soumettre son projet Énergie Est à une évaluation environnementale.

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, a confirmé cette information dans un point de presse tenu devant la Maison du développement durable, située sur la rue Sainte-Catherine Ouest, à Montréal.

«La requête d'aujourd'hui se veut très simple et claire: elle signifie que quiconque veut faire un projet au Québec doit respecter l'ensemble de ses lois et de ses règlements», a indiqué le ministre.

La Communauté métropolitaine de Montréal n'a pas tardé à manifester son appui au gouvernement du Québec dans sa démarche destinée à faire respecter sa réglementation.

«Au Québec, un projet d'envergure tel que le projet Oléoduc Énergie Est ne peut pas faire l'économie d'une analyse des impacts sur l'environnement. Pour notre part, nous avons déjà indiqué que ce projet comportait des risques très importants pour notre environnement et trop peu de retombées pour notre économie», a appuyé le maire Denis Coderre.

Rappelons que le projet d'Oléoduc Énergie Est est controversé au Québec. Les groupes environnementaux ainsi que la Communauté métropolitaine de Montréal ont exprimé leur désaccord sur le dossier, estimant qu'il y a trop de risques pour l'environnement, plusieurs initiatives citoyennes ont fait de même. De son côté, le gouvernement du Québec a imposé sept conditions pour rendre le projet de TransCanada acceptable.

Le ministre Heurtel a demandé plusieurs fois à l'entreprise de se conformer aux lois québécoises, ce que la pétrolière albertaine a toujours refusé de faire. Des groupes environnementaux ont aussi déposé, il y a deux semaines, une requête pour forcer TransCanada à mener des études sur les impacts environnementaux de son projet.

La force du débat

En point de presse à Vancouver, mardi, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé ne pas s'en faire outre mesure avec la levée de boucliers venant du Québec, estimant que la diversité des voix est justement la force du Canada. M. Trudeau a indiqué que c'était son rôle, en tant que chef d'État, de rassembler les gens autour des enjeux importants.

«Je vais continuer de chercher les éléments que nous avons en commun, d'entendre les préoccupations de nombreux Canadiens, mais aussi de développer des solutions à travers le pays», a-t-il dit.

M. Trudeau ne croit pas qu'il y ait une dissension irrémédiable qui divise l'est et l'ouest du pays sur la question de l'oléoduc Énergie Est. «Nous sommes tous unis dans le désir de favoriser une croissance économique durable tout en protégeant l'environnement, d'aller vers une prospérité créée de façon responsable», a-t-il dit.

Selon M. Trudeau, le gouvernement précédent, en marginalisant les environnementalistes et les autochtones sur la question des changements climatiques, a grandement fragilisé la confiance du public qui est désormais à rebâtir.

Prix du carbone

Vertement opposé à toute imposition d'un prix sur le carbone, le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a fait dans l'ironie mardi en partageant sur sa page Facebook un article dans lequel le ministre de l'Environnement David Heurtel confirme avoir déposé une injonction contre TransCanada.

«Comme ça, si on accepte de payer une taxe sur le carbone dans l'ouest, comme certains le laissent entendre, le projet Énergie Est sera mieux accepté d'un bout à l'autre du pays. Comment ça marche?

De nombreux internautes exaspérés par la position du Québec sur la question du pipeline ont laissé des commentaires particulièrement acides sur la page de M. Wall.

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