Catherine Bouchard
Agence QMI

Armes à feu: manifestation contre un registre québécois

Catherine Bouchard

Dernière mise à jour: 24-01-2016 | 18h00

QUÉBEC - Les manifestants proarmes qui ont milité contre le projet de loi 64 devant le bureau de la députée Véronyque Tremblay, dimanche matin, souhaitent que le gouvernement, au lieu d'investir dans un registre des armes à feu, accorde la priorité au traitement des personnes atteintes de maladie mentale.

Devant le bureau de la députée, quelque 200 personnes du regroupement Tous contre un registre des armes à feu brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait notamment lire: «Non au registre, oui aux soins en santé mentale».

«Le problème, c'est toute la santé mentale. Il faut mettre l'argent à la bonne place. La majorité des homicides par arme à feu sont des suicides», indique Guy Morin, vice-président du regroupement.

Véronyque Tremblay est la première députée ciblée par la manifestation. Elle hésite toujours à appuyer le projet de son gouvernement. Autrefois journaliste et chroniqueuse, Mme Tremblay n'avait pas hésité à s'afficher contre le registre.

«On veut faire sortir les députés qui sont contre, leur demander de pousser pour avoir la commission parlementaire et un vote libre en chambre sur le projet de loi», ajoute M. Morin.

D'autres députés seront «visités» par le regroupement qui souhaite ainsi créer une brèche «dans l'apparente unanimité des députés autour de la création d'un registre», renchérit le vice-président.

«En mode écoute»

À son arrivée, la députée a été accueillie de façon mitigée par les manifestants. Si certains ont crié: «On t'aime, Véronyque», d'autres n'ont pas hésité à la qualifier de «visage à deux faces».

«Je n'ai pas changé d'idée, à titre personnel. Maintenant, je suis députée de Chauveau, je suis là pour représenter l'ensemble des citoyens, a indiqué Véronyque Tremblay. Majoritairement, ce que les gens veulent, c'est un registre le moins cher et le moins contraignant possible.» Elle a indiqué être «toujours en mode écoute».

Sur place, Éric Duhaime, animateur de radio et ancien collègue de travail de la députée, s'est adressé aux militants. «C'est une fille qui était contre le registre et elle l'est toujours, a-t-il lancé. Ces députés-là sont pris pour voter avec la ligne de parti.»

Russel-Aurore Bouchard, une historienne qui a écrit plusieurs ouvrages sur les armes à feu, était également de la manifestation. «On ne peut pas accepter qu'un tel projet de loi vienne dégrader la démocratie», a-t-elle lancé. Mme Bouchard songe à se présenter en tant que candidate indépendante aux élections partielles dans Chicoutimi.

Un an pour immatriculer son arme

Le projet de loi 64 a été déposé le 3 décembre dernier par le député de Châteauguay et ministre suppléant de la Sécurité publique, Pierre Moreau.

Il prévoit que toute arme à feu soit immatriculée. Chaque arme sera ainsi enregistrée dans un fichier central tenu par le gouvernement. À l'entrée en vigueur de la loi, les propriétaires auront un an pour immatriculer leur arme.

Le projet de loi 64 prévoit aussi le burinage des armes.

Une personne qui ne se soumettrait pas à la loi s'expose à des amendes variant de 500 à 5000 $.

Une pétition s'opposant au projet de loi a été déposée le 11 décembre par la députée indépendante d'Arthabaska, Sylvie Roy. Dimanche, 22 332 citoyens l'avaient signé. Il est possible d'y inscrire son nom jusqu'au 11 mars.

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