Geneviève Lajoie et Marc-André Gagnon
Agence QMI

Registre des armes à feu: Couillard inébranlable

Geneviève Lajoie et Marc-André Gagnon

Dernière mise à jour: 21-01-2016 | 13h43

Le premier ministre Philippe Couillard ne comprend pas comment on peut s'opposer à la création d'un registre québécois des armes à feu.

Cet enjeu divise pourtant tous les partis à l'Assemblée nationale.

«J'ai de la difficulté à comprendre cette hésitation parce que moi, j'en ai deux armes de chasse chez moi, je n'ai pas été du tout traumatisé par le fait d'avoir à les enregistrer, je trouve ça normal», a-t-il affirmé, jeudi, en marge du Forum économique de Davos.

Il a rappelé qu'outre les familles des victimes de crimes perpétrés avec des armes à feu, les forces policières réclament également la mise sur pied d'un registre.

M. Couillard ne voit pas pourquoi certains chasseurs ont l'impression d'être ostracisés dans ce débat.

«Je ne vois pas l'oppression. Remplir une formule en ligne pour dire j'ai une arme à feu, je ne vois pas en quoi ça brime qui que ce soit», dit-il.

Au sein même des troupes libérales, certains élus refusent pour le moment d'appuyer le projet de loi 64 du ministre Pierre Moreau, qui prévoit la création d'un registre des armes à feu. C'est le cas notamment du député de Beauce-Sud, Paul Busque, et de la députée de Chauveau, Véronyque Tremblay, qui se disent toujours en réflexion.

Les péquistes divisés

Au caucus péquiste, le sujet divise. Les chasseurs, qui se sentent «un peu comme des criminels en attente» dans ce débat, doivent être entendus, plaide le doyen des députés, François Gendron.

«C'est clair qu'il y a un débat de fond entre l'urbanité pis la ruralité», a reconnu jeudi le représentant de la circonscription Abitibi-Ouest en marge du caucus de rentrée des élus péquistes à Saguenay.

François Gendron soutient qu'il existe déjà un contrôle des armes au Québec.

«Essayez d'avoir une arme d'épaule, si vous n'avez pas suivi de cours d'armes à feu, vous n'avez pas le droit, insiste-t-il. Est-ce que c'est requis d'avoir un registre quand on a la conviction qu'on pourrait faire un transfert d'informations qui existent? Moi je pense ça, il me reste à valider ça».

Vote libre demandé

Des préoccupations partagées en Gaspésie. Le député Gaétan Lelièvre admet que les gens de son comté sont «inquiets» de la création d'un registre québécois des armes à feu. Il ajoute que «beaucoup» de ses électeurs s'y opposent et demande de pouvoir voter librement sur le projet de loi 64 du ministre Pierre Moreau.

«Les gens ont l'impression, les chasseurs ont l'impression d'être vus comme des méchantes personnes, des gens qui sont violents, alors que c'est une fausse représentation, donc c'est plus une question de perception du rôle de chasseur qui est mal perçu.»
Déposé avant les fêtes, le projet de loi 64 prévoit le burinage des armes. Le député Lelièvre a des réserves puisque le burinage peut affecter la valeur de certaines armes.

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