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Plus de responsabilités, même rémunération pour les infirmières

MONTRÉAL - Des infirmières cliniciennes trouvent que la réforme qui leur accorde le pouvoir de prescrire certains traitements et médicaments se fait sur leur dos.

Depuis lundi dernier, les infirmières cliniciennes ont plus de pouvoirs, comme la possibilité de prescrire certains médicaments ou certaines analyses en laboratoire dans le but d'alléger le système de santé au Québec. La situation ne comble toutefois pas tout le monde.

«Quand nous avons appris que nous obtiendrions un numéro de prescripteur à la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), que nous aurions la possibilité de réaliser ces actes, nous étions très emballées», soutient une infirmière clinicienne, Jennifer Viens Brouillard.

«Ce que nous avons découvert toutefois, c'est que ce numéro ne nous donnera aucune rémunération supplémentaire. Moi et mes collègues, nous nous demandons quel professionnel accepterait d'avoir une responsabilité, une expertise et une imputabilité de plus sans avoir une compensation sur le plan de la rémunération? Ce n'est pas normal», déplore-t-elle.

D'ailleurs, Jennifer Viens Brouillard s'est engagée à suivre une formation afin d'obtenir son numéro de prescripteur - un exposé de deux heures pour lequel elle a dû débourser une centaine de dollars - ainsi qu'une formation supplémentaire sur la prescription de contraceptifs puisqu'il n'en a jamais été question dans ses études universitaires. Son employeur refuse de lui rembourser les frais encourus par ces formations.

Mme Viens Brouillard fait valoir que les médecins, eux, ont une rémunération associée aux actes de prescription.

«Il faut comprendre que les infirmières sont payées à salaire alors cela fait partie de ce qu'elles ont à faire», soutient pour sa part la présidente de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Lucie Tremblay.

Celle-ci déplore cependant que son employeur refuse le remboursement à Mme Viens Brouillard et affirme qu'une demande peut être faite à la section régionale de l'Ordre à ce sujet.

Confusion autour des conditions de travail

Jennifer Viens Brouillard déplore que son syndicat ne se soit pas davantage battu pour inclure une hausse de la rémunération associée aux pouvoirs de prescription dans la dernière entente sur les conditions de travail négociée entre la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) et le gouvernement Couillard.

La FIQ, Régine Laurent, s'est toutefois défendue en mentionnant que l'OIIQ «n'a jamais mis au courant la FIQ de l'avancement des négociations pour en arriver au droit de prescrire».

L'OIIQ, qui a âprement négocié avec le gouvernement afin d'obtenir le droit de prescription, rétorque que son rôle est d'établir les règles du jeu. «C'est au milieu à s'approprier les règles et à aller négocier pour les conditions de travail», a mentionné Mme Tremblay.

Rappelons que la FIQ et le gouvernement en sont venus à une entente au début du mois de décembre concernant les négociations des conditions de travail des infirmières.

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