Régys Caron
Agence QMI

Le front commun syndical sur un pied de guerre

Régys Caron

Dernière mise à jour: 05-06-2015 | 14h31

QUÉBEC - Le front commun syndical demande la médiation pour mettre fin à l'impasse dans les négociations entre le gouvernement et les employés du secteur public.

Les négociations sont en cours depuis six mois et aucun progrès n'a été réalisé, tant à la table centrale qu'aux quelque 40 tables sectorielles, ont signifié vendredi matin les chefs des syndicats membres du Front commun.

«On fait face à un blocage sur les salaires [...] On est dans un dialogue de sourds», a déclaré la vice-présidente de la CSN, Francine Lévesque.

La médiation est un passage obligé dans toute négociation avant que les syndicats du secteur public puissent avoir droit de faire la grève. Incidemment, les syndicats du front commun sont sur un pied de guerre et préparent la tenue de votes de grèves à être déclenchées à l'automne.

«Nos gens sont mobilisés, mais on ne veut pas faire la grève, on veut un règlement négocié», a précisé le président de la FTQ, Daniel Boyer.

«Tout ce que nous voyons aux tables de négociations, ce sont des reculs. Un gel salarial, c'est une diminution de salaire», a signalé la présidente du Syndicat de la fonction publique, Lucie Martineau.

«Normal»

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, n'a pas tardé à réagir.

«C'est tout à fait normal qu'ils franchissent toutes les étapes qui leur permettent d'acquérir le droit de grève», a dit M. Coiteux.

Le gouvernement et les syndicats se sont entendus pour négocier «de façon intensive» tout l'été, a précisé M. Coiteux.

«Tout le monde négocie dans l'espoir d'en arriver à une entente», a-t-il indiqué.

Le geste des syndicats ne modifie en rien les propositions déposées en décembre par le gouvernement.

«Le cadre financier du gouvernement ne changera pas parce que les gens font une conférence de presse. Le gouvernement n'aura pas plus d'argent que le cadre financier qu'il a déposé», a signifié M. Coiteux.

Médiateur

Suivant la demande des syndicats, le ministère du Travail désignera un médiateur pour chaque table sectorielle. La période de médiation durera 60 jours civils, au terme de laquelle les syndicats pourront, en cas d'échec, exercer leur droit de grève.

L'écart séparant le gouvernement et les syndicats n'a pas changé depuis décembre. Les syndicats demandent des hausses de salaire de 13,5 % sur trois ans, tandis que le gouvernement propose un gel salarial sur deux ans et des augmentations de 1 % pour chacune des trois années suivantes.

«Si le gouvernement a de l'argent pour augmenter les salaires des médecins, les salaires des députés et pour verser des bonis de performance, il doit en avoir pour mieux rémunérer sa fonction publique», a martelé Daniel Boyer.

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