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Course à la direction du PQ: Péladeau fait le saut

Dernière mise à jour: 27-11-2014 | 16h28

MONTRÉAL - Pierre Karl Péladeau a annoncé qu'il va se lancer dans la course à la direction du Parti québécois, lors d'un discours devant des étudiants à l'Université de Montréal, jeudi.

«J'ai l'intention d'aller chercher mon bulletin de candidature à la permanence du Parti québécois», a-t-il dit devant une salle comble qui l'a chaudement applaudie.

Pierre Karl Péladeau a dit que cette décision est le résultat d'une longue réflexion.

À la permanence du PQ, il a affirmé en après-midi qu'il avait comme «unique objectif» de faire du Québec un pays souverain s'il est élu chef de son parti.

«Je me suis engagé en politique pour faire la souveraineté, et c'est ce que j'ai l'intention de faire».

Il n'a pas précisé ses intentions concernant le référendum mentionnant qu'il s'agit d'une «modalité» pour atteindre la souveraineté.

Dans la course à la direction, il soutient vouloir suivre l'exemple de son père qui «était très proche des gens».

«J'ai beaucoup de plaisir à rencontrer les militants, les sympathisants, les citoyens», a-t-il dit en point de presse.

Le député de Saint-Jérôme doit aussi annoncer officiellement sa candidature à la chefferie dans sa circonscription dimanche.

Les candidats ont jusqu'au 30 janvier pour amasser 20 000 $ et 2000 signatures.

Déjà des appuis

Même s'il n'était pas officiellement candidat, Pierre Karl Péladeau avait déjà des appuis dans son parti. Trois députés du caucus péquiste, Pascal Bérubé, Nicole Léger et Harold Lebel ont déjà annoncé qu'ils soutenaient la candidature du député de Saint-Jérôme.

L'actionnaire de contrôle de Québecor devient le sixième candidat à briguer la succession de Pauline Marois après Martine Ouellet, Pierre Céré, Bernard Drainville, Jean-François Lisée et Alexandre Cloutier.

M. Péladeau a été élu député de Saint-Jérôme lors de l'élection générale du 7 avril dernier. Il est le porte-parole du Parti québécois en matière d'économie, d'entrepreneuriat, de PME et d'exportations.

L'homme d'affaires s'est retrouvé sur la défensive récemment après être intervenu en juillet auprès d'Investissement Québec afin que Vision globale demeure entre les mains d'intérêts québécois. Cette entreprise a finalement été achetée par Québecor le 13 novembre dernier.

Le député de Saint-Jérôme a également essuyé les critiques de ses adversaires pour avoir critiqué la décision du gouvernement Couillard de réduire de 20 % les crédits d'impôt pour la production télévisuelle et cinématographique. Plusieurs l'ont accusé de s'être placé en situation de conflit d'intérêts.

L'Assemblée nationale a adopté une motion visant à interdire à un député de détenir une majorité d'actions dans une entreprise de presse. Le Parti libéral, la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire souhaitent obliger le député péquiste à choisir entre sa carrière politique et les actions qu'il détient dans Québecor.

«C'était un secret de Polichinelle»

Si la candidature - maintenant officielle - de Pierre Karl Péladeau à la chefferie du PQ «était un secret de Polichinelle», il n'empêche que le député de Saint-Jérôme a toujours «un enjeu réel à résoudre», a déclaré le premier ministre Philippe Couillard.

«C'était un secret de Polichinelle, je pense qu'on peut dire ça. Je pense que personne n'a été très surpris de l'annonce d'aujourd'hui», a dit M. Couillard, de Dakar au Sénégal, où il se trouve à l'occasion du Sommet de la Francophonie.

«J'ai toujours dit que déjà comme député, c'est le commissaire à l'éthique qui s'occupe de ces questions-là, mais quand on devient chef d'un parti et éventuellement chef de l'opposition, c'est autre chose...», a-t-il ajouté.

Pour ce qui est de la suite à donner à la «motion PKP», M. Couillard souhaite tout de même que les partis continuent d'en discuter, «de façon correcte», a-t-il souligné.

«Les conversations sont en cours entre les partis politiques, pour voir quelle est la meilleure formule, a dit M. Couillard. (...) Mais pendant ce temps-là, de toute façon, la course à la direction (au PQ) va se faire.»

Le premier ministre prévient toutefois qu'il n'a pas l'intention de se mêler de la course à la chefferie du Parti québécois. «On va le laisser faire sa campagne.»

Il refuse aussi de déclarer Pierre Karl Péladeau gagnant à l'avance, comme l'avancent certains observateurs.

«J'ai appris à me méfier de l'évidence, a dit M. Couillard. Cinq six mois en politique, c'est long.»
Même si M. Péladeau est très connu, d'autres candidats pourraient gagner à se démarquer lors des débats avec les militants.

«La notoriété, ça se gagne également, a analysé le chef libéral. On a souvent vu des candidats moins connus, qui sont devenus mieux connus au cours d'une campagne.»

M. Couillard reconnaît que lui et son équipe vont «écouter avec attention» ce que M. Péladeau aura à dire, comme les autres candidats, en particulier en ce qui concerne l'économie et la création d'emploi.

Avec Marc-André Gagnon

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