Louis Gagné
Agence QMI

La mission des Carrefours jeunesse-emploi à revoir

La mission des Carrefours jeunesse-emploi à revoir

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Louis Gagné

QUÉBEC - Le gouvernement Couillard renonce à toucher au financement des Carrefours jeunesse-emplois (CJE), ces centres qui aident les jeunes de 16 à 35 ans à s'insérer sur le marché du travail.

Il entend toutefois revoir en profondeur leur mission et leur fonctionnement. Une restructuration, préviennent les CJE, qui pourrait priver de «services essentiels» des dizaines de milliers de jeunes Québécois.

Présents dans toutes les régions du Québec, les carrefours jeunesse-emploi aident les jeunes adultes dans «leurs démarches d'insertion sociale et économique». Les différents programmes qu'ils offrent s'adressent aux chômeurs et aux assistés sociaux, mais également aux jeunes travailleurs qui souhaitent améliorer leurs conditions en décrochant un emploi mieux rémunéré.

Alors que la cure d'austérité du gouvernement libéral laissait craindre le pire pour le financement des CJE, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, s'est engagé à maintenir leur financement annuel de 45,6 millions $.

Il souhaite cependant que les carrefours se concentrent dorénavant sur les prestataires d'aide sociale et d'assurance-emploi. Le Québec, fait-il valoir, aura besoin de 725 000 nouveaux travailleurs d'ici 2017, d'où l'importance de prêter une attention particulière à cette «clientèle prioritaire».

«Je veux les amener vers une autre direction pour pouvoir desservir principalement les jeunes chômeurs et les assistés sociaux parce que c'est là que les besoins vont être dans les prochaines années. C'est ça notre grand défi», a déclaré le ministre en entrevue à l'Agence QMI.

Les carrefours jeunesse-emploi ne voient toutefois pas d'un bon œil les changements souhaités par Québec. En se concentrant sur les clientèles prestataires d'aide sociale et d'assurance-emploi, les CJE soutiennent qu'ils ne pourront plus intervenir auprès de dizaines de milliers de travailleurs au statut précaire qui souhaitent améliorer leur sort.

«C'est une désorganisation totale qui fait en sorte que des jeunes vont être complètement exclus de nos services, a déploré la présidente du Réseau des carrefours jeunesse-emploi du Québec (RCJEQ), Monique Sauvé. L'action des carrefours, c'est [d'accompagner] tous ces jeunes qui ne sont pas liés à un chèque, auprès desquels on intervient justement pour ne pas qu'ils aillent sur l'aide sociale.»

«On a l'opportunité de faire une différence dans la vie des jeunes qui viennent nous rencontrer en les aidant à se trouver un meilleur emploi et à le maintenir, a souligné de son côté le directeur général du RCJEQ, Alexandre Soulières.

Un jeune qui n'a pas son diplôme d'études secondaires, qui a une job à 10 $ de l'heure puis qui voudrait se prendre en main et se donner une deuxième chance, et bien le carrefour est là en ce moment, mais à partir du 1er avril prochain, le carrefour ne sera plus là si le jeune se présente avec ce type de profil-là.»



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