Louis Gagné
Agence QMI

Cimenterie de Port-Daniel: la CAQ exige une étude

Cimenterie de Port-Daniel: la CAQ exige une étude

Donald Martel. Photo Jean-François Desgagnés / Agence QMI

Louis Gagné

QUÉBEC - Quoi qu'en dise le gouvernement Couillard, le projet de cimenterie de Port-Daniel devrait faire l'objet d'une étude environnementale approfondie, croit la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le porte-parole en matière d'environnement de la deuxième opposition officielle, Donald Martel, s'est montré sceptique vendredi face aux arguments des libéraux pour écarter toute intervention du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Le gouvernement Couillard soutient qu'«il n'y a pas de BAPE possible», puisque la demande d'autorisation du promoteur, Ciment McInnis, a été faite avant l'entrée en vigueur des modifications à la Loi sur la qualité de l'environnement en juin 1995.

Donald Martel a fait remarquer que la capacité de production de la cimenterie avait été revue à la hausse par rapport au projet initial, ce qui justifie selon lui de reprendre le processus de certification.

«On dit que c'est un projet qui est à peu près deux fois plus gros [que ce qui était prévu au départ]. C'est évident que pour permettre la construction de l'usine, il faut une (nouvelle) certification d'autorisation, et le ministre doit demander un BAPE avant d'émettre ce certificat», a soutenu le député de Nicolet-Bécancour.

Le Journal de Québec a révélé jeudi que l'usine de Port-Daniel, dans laquelle 450 millions $ de fonds publics seront investis, deviendra le projet industriel le plus polluant de l'histoire du Québec.

Selon les résultats d'une étude commandée par les promoteurs du projet, l'usine produira annuellement deux millions de tonnes de gaz à effet de serre (GES), soit plus que toute autre industrie de la province, y compris les raffineries de Lévis et Montréal.

Malgré ces prévisions, le premier ministre, Philippe Couillard, a réaffirmé jeudi qu'il n'avait pas l'intention de soumettre le projet de Ciment McInnis à l'analyse du BAPE.

«On a indiqué qu'il n'y aura pas de BAPE, a-t-il déclaré. Je veux être bien clair, on ne mettra aucun doute sur ce projet-là, il va aller de l'avant.»

Heurtel soutient le projet

Le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), David Heurtel, a fait savoir vendredi qu'il soutenait la construction de la cimenterie.

Il a rappelé dans un communiqué que le projet avait été amorcé en mai 1995, qu'il avait reçu un premier certificat d'autorisation en février 1996 et que ce projet n'était pas visé par la procédure d'évaluation et d'examen du BAPE, parce que les projets industriels d'envergure nécessitant un certificat d'autorisation n'étaient pas assujettis à la procédure d'évaluation environnementale jusqu'en 1996 et que les règlements ne pouvaient pas contenir des clauses rétroactives.

Toujours selon le ministre, Ciment McInnis avait déposé une étude des répercussions environnementales de son projet en 1995. La mise à jour de cette étude par l'entreprise, analysée par le ministère, a permis de conclure à «l'acceptabilité environnementale du projet», selon M. Heurtel.



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