Vente d'Hydro-Québec: la porte n'est pas fermée

Vente d'Hydro-Québec: la porte n'est pas fermée

Philippe Couillard. Photo Archives / Agence QMI

Charles Lecavalier

QUÉBEC - Philippe Couillard ne ferme pas la porte à une vente des actifs de l'État, dont Hydro-Québec et la Société des alcools, pour redresser les finances publiques.

«C'est le genre de question qu'on va soumettre à nos commissions [sur la fiscalité et sur la révision permanente des programmes] et qu'on va certainement, si c'est le cas, soumettre au débat public», a affirmé le premier ministre mardi après-midi lors d'un point de presse à Charlevoix.

Face à un trou budgétaire qui ne cesse de s'agrandir, M. Couillard va d'abord regarder «les façons traditionnelles de réduire les dépenses», mais il n'écarte pas la possibilité de privatiser partiellement des sociétés publiques comme Hydro-Québec durant son premier mandat.

On a appris la semaine dernière que les économistes Luc Godbout et Claude Montmarquette ont recommandé au gouvernement Couillard dans un rapport indépendant de privatiser partiellement Hydro-Québec et la SAQ s'il épuise tous ses recours pour rééquilibrer le budget de la province.

Philippe Couillard n'a toutefois pas été capable de dire à quelle échéance ce débat serait tenu. «Je ne suis pas en mesure de répondre à votre question. On va regarder tout ce qui est sur la table, dans tous les coins de la société. On va engager un dialogue avec la population. Et on va prendre des décisions. La population nous a élus pour prendre des décisions», a expliqué le premier ministre.

Pas à court terme

S'il n'a pas fermé la porte à la privatisation partielle d'Hydro-Québec et de la SAQ, il a toutefois extrêmement prudent avec ce dossier chaud. «Ce n'est pas dans nos cartons à court terme, dans le prochain budget, la prochaine année fiscale», a nuancé M. Couillard.

«Si c'était quelque chose, et j'insiste sur le si, qui était considéré, voilà l'exemple d'un débat à avoir. On ne va pas lancer ça à brûle-pourpoint», a promis M. Couillard.

Dans un rapport remis au gouvernement la semaine dernière, l'économiste Montmarquette et le fiscaliste Godbout ont affirmé que Québec «pourrait songer à ouvrir jusqu'à 10 % du capital de la Société des alcools du Québec ou d'Hydro-Québec aux Québécois». La vente d'actifs permettrait de réduire la dette puisque les revenus seraient «nécessairement versés» au Fonds des générations.

Le premier ministre Philippe Couillard avait annoncé mercredi dernier qu'il devrait trouver 3,7 milliards $ pour atteindre la cible de déficit de 1,75 milliard $ en 2014-2015. L'état des finances publiques s'est dégradé dans les derniers mois, notamment en raison de la chute des revenus provenant de l'impôt des sociétés. L'atteinte du déficit zéro semble en péril pour 2015-2016.


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