Jean-Luc Lavallée
Agence QMI

Québec reporte le déficit zéro en 2015-2016

Jean-Luc Lavallée

Dernière mise à jour: 28-11-2013 | 21h59

QUÉBEC - Autrefois incontournable, voire «non négociable» pour 2013-2014, le déficit zéro sera finalement repoussé de deux ans par le gouvernement Marois, qui se résigne à rédiger le prochain budget à l’encre rouge.

Québec a confirmé, jeudi, ce que tout le monde savait. Avec un déficit de 2,3 milliards $, après seulement quatre mois, il était devenu évident pour l’ensemble des analystes que la tendance ne pourrait être renversée d’ici la fin de l’année. Plusieurs ténors du gouvernement avaient déjà envoyé des signaux en ce sens récemment.

Dans sa mise à jour économique et financière, le ministre des Finances Nicolas Marceau a annoncé un déficit de 2,5 milliards $ cette année et un déficit de 1,75 milliard en 2014-2015.

L’équilibre budgétaire «sera atteint en 2015-2016», assure-ton.

«L’atteinte de l’équilibre budgétaire dès cette année n’aurait pu se faire qu’au prix de mesures qui auraient nui à la croissance économique», peut-on lire dans Le Point sur la situation économique et financière du Québec.

«Dans le contexte d’une économie mondiale encore fragile et incertaine, il était hors de question de réduire les dépenses de 2,5 milliards pour atteindre l’équilibre budgétaire», a déclaré le ministre Marceau. Une diminution aussi importante aurait entraîné un impact négatif qui équivaut à 0,7% du PIB. La croissance économique, en 2013, a été revue à 0,9%.
Manque à gagner de 2,5 milliards $

Le gouvernement péquiste maintient qu’il respecte ses cibles de croissance de dépenses, mais la baisse des revenus autonomes lui a été fatale. On anticipe un manque à gagner de 2,47 milliards $ en 2013-2014. Les revenus tirés de l’impôt des particuliers sont revus à la baisse de 885 millions $, ceux des sociétés de 741 millions $.

Les revenus combinés de Loto-Québec et de la Société des alcools sont également revus à la baisse de 144 millions $. Quant aux droits miniers, c’est une réduction de 115 millions $.

M. Marceau justifie les déboires du Québec en invoquant l’inflation «très faible» et le ralentissement des dépenses à la consommation. La taxe de vente du Québec (TVQ) a notamment rapporté près d’un milliard de moins – 942 millions $ pour être précis - que les prévisions dans la dernière année.

Le taux d’épargne des Québécois est «plus élevé que prévu». Sans oublier l’impact du resserrement des règles hypothécaires imposé par le fédéral qui a entraîné une chute des mises en chantier «plus importante qu’ailleurs au Canada».

Pas de hausse de taxes

Afin de renflouer les coffres, Québec promet une «approche responsable», sans hausse de taxes ni d’impôts. On mise sur la reprise de l’activité économique et le nécessaire contrôle des dépenses pour y parvenir. Pas de compressions en vue.

«La cible la plus importante qu’on respecte, c’est (l’emploi). Il y a plus de 4 millions de Québécois qui travaillent, c’est un record. Quant aux revenus, on va y faire face, on ne prendra pas la recette libérale en augmentant la TVQ», a martelé le président du Conseil du trésor Stéphane Bédard au Salon bleu.

Anticipant les résultats négatifs du gouvernement, les libéraux ont vivement critiqué le gouvernement en matinée. Les esprits se sont échauffés en chambre. «Elle vient encore de dire qu’elle a bien géré! Mme la marquise dit que tout va bien! Elle fait de la négation pour les élections», a pesté le chef parlementaire libéral Jean-Marc Fournier.

Son confrère, Pierre Paradis, a accusé à son tour le gouvernement de vivre dans le déni, dénonçant les promesses brisées du Parti québécois. «Le ministre des Finances peut-il nous dire pourquoi ses nouvelles prévisions seraient plus crédibles que ses anciennes? (…) Est-ce de l’innocence, de l’incompétence ou des manigances comptables?»

Fonds des générations

Par ailleurs, les déficits annoncés auront inévitablement un impact sur la dette publique. Québec maintient toutefois l’objectif de ramener la dette brute à 45% du PIB d’ici 2025-2026.

Pour compenser, le gouvernement entend verser 425 millions $ de plus, par année, au Fonds des générations à partir de 2016-2017.

Cette année, les finances publiques seront également affectées par les récentes évaluations actuarielles des régimes de retraite des secteurs public et parapublic. Québec évoque une «pression additionnelle de 400 millions $ sur les dépenses et de 100 millions $ sur le service de la dette».

En résumé :


Déficit de 2,5 milliards $ en 2013-2014
Déficit de 1,75 milliard $ en 2014-2015
Déficit zéro en 2015-2016

2,5 milliards $ de moins aux revenus en 2013-2014
-        Impôt sur le revenu des particuliers : -885 M$
-        Impôt des sociétés : -741 M$
-        Taxes à la consommation : -576 M$
-        Loto-Québec et SAQ : -144 M$
-        Droits miniers : -115 M$
-        Cotisations au Fonds des services de santé : -36 M$

* Source : Le Point sur la situation économique et financière du Québec


Cliquez sur "J'aime" pour ajouter nos articles à votre fil Facebook

Vidéos

Photos