Pétition contre le changement d'heure

Assemblée nationale - Pétition contre le changement d'heure

Carole PoirierPhoto Archives / Agence QMI


Jean-luc Lavallée

QUÉBEC - À quelques jours de l'entrée en vigueur de l'heure avancée, une Lévisienne a réussi à convaincre une députée péquiste de parrainer une pétition en ligne inusitée sur le site de l'Assemblée nationale pour réclamer l'abolition du changement d'heure.

Les Québécois, rappelons-le, devront à nouveau avancer leur montre et leurs horloges d'une heure en fin de semaine. L'heure avancée sera effective au petit matin dimanche. Une habitude ancrée depuis des décennies qui n'a plus sa raison d'être selon Valérie Harvey, une écrivaine de la Rive-Sud qui cherche à ouvrir le débat sur la question.

Après avoir tenté sa chance auprès de nombreux députés - et essuyé plusieurs refus - Mme Harvey a convaincu la députée péquiste Carole Poirier (Hochelaga-Maisonneuve) de parrainer la pétition électronique avant de refiler le dossier à sa consœur Denise Beaudoin (Mirabel) qui a pris le relais.

Impact sur la santé humaine

La pétition, mise en ligne le 28 février, suggère l'abandon du changement d'heure au Québec, comme «en Saskatchewan, en Russie ou au Japon», considérant que ça «perturbe le rythme du sommeil, amenant des troubles d'insomnie, de la fatigue et du stress qui affectent la santé et augmentent le nombre d'infarctus», peut-on lire.

Stress pour les vaches

L'instigatrice de la pétition, qui a recensé plusieurs études et créé un site Web sur le sujet, déplore aussi que le changement d'heure «stresse les animaux et diminue la production laitière des vaches, entraînant des pertes de revenus pour les éleveurs». Autre effet négatif allégué : les perturbations pour les «grands malades» qui doivent suivre un horaire strict dans la prise de leurs médicaments.

«Y a-t-il quelqu'un qui trouve des points positifs? Ça fait longtemps que j'y pensais, mais depuis que j'ai un bébé, ça a quand même plus d'impact qu'avant. J'ai beau essayer de lui expliquer au bébé qu'on fait un changement d'heure, mais il ne comprend pas, lui», lance-t-elle sur un ton léger en entrevue.

Mme Harvey convient qu'il y a des sujets «tellement plus importants dans la vie». Elle compare son irritation liée aux changements d'heure à un «caillou dans un soulier» dont elle souhaite se débarrasser. «On chiale, on chiale, mais personne ne fait rien», dit-elle dans un blogue.

Environ 70 personnes avaient signé la pétition mercredi, en milieu de soirée.

Appui de la députée?

Nous n'avons pu nous entretenir avec la députée de Mirabel qui est actuellement en Allemagne avec une délégation de parlementaires. Impossible de savoir, donc, si elle appuie officiellement l'idée. Quand un député parraine une pétition, il s'engage à la déposer à l'Assemblée nationale, mais ça ne signifie pas pour autant qu'il endosse son contenu. Un de ses collaborateurs, joint à son bureau de comté, ignorait tout de cette pétition.

Pour la petite histoire, dans les années 20, les villes décidaient elles-mêmes si elles changeaient l'heure. Il pouvait donc y avoir un décalage horaire entre deux municipalités voisines. La province de Québec avait adopté une loi sur le «temps réglementaire» en 1966 afin d'uniformiser la pratique. Elle s'arrime depuis belle lurette aux décisions des États-Unis sur la question. La prolongation des heures d'ensoleillement et l'économie d'énergie ont toujours été invoquées pour justifier le changement d'heure.


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