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Politique provinciale

Universités: pas un sou de plus

Agence QMI 
Régys Caron
16/01/2013 21h20 

 
 
Politique provinciale - Universités: pas un sou de plus
Le ministre des Finances, Nicolas Marceau. 
Photo Jean-François Desgagnés / Agence QMI

QUÉBEC - Le gouvernement Marois n'ajoutera pas un sou au réinvestissement de 1,7 milliard $ prévu au budget pour les universités d'ici 2019.

«J'estime que les montants prévus sont suffisants, a déclaré mercredi le ministre des Finances Nicolas Marceau à la veille d'une rencontre préparatoire au Sommet sur l'enseignement supérieur dont le thème sera le financement des universités. Ça correspond aux montants qui étaient prévus par l'ancien gouvernement.»

Cette rencontre aura lieu jeudi et vendredi à l'Université de Sherbrooke. «Le Sommet va permettre d'identifier les paramètres qui vont nous assurer que les universités parviendront à faire leur travail», a précisé M. Marceau au sujet de la grand-messe de l'enseignement supérieur prévue pour le mois prochain.

Droits de scolarité compensés

Le réinvestissement dans les universités se fera en deux tranches : Québec prévoit d'abord injecter 954 millions $ dans le réseau universitaire d'ici 2018-2019; le gouvernement promet d'ajouter 696 millions $ au cours de la même période pour compenser l'annulation de la hausse des droits de scolarité qu'avait ordonné le gouvernement Charest.

Des revenus supplémentaires dans les coffres des universités pourraient être générés par l'indexation des droits de scolarité à l'indice du coût de la vie, préconisée par le gouvernement, de même que par l'augmentation de la clientèle étudiante.

Ces remarques du ministre des Finances surviennent 24 heures après que les recteurs des universités aient rendu publique une nouvelle étude établissant à 850 millions $ par année le sous-financement des universités québécoises comparativement aux autres universités canadiennes.

Exagéré

L'économiste Pierre Fortin a estimé que les chiffres des recteurs sont exagérés. Après avoir analysé une étude des recteurs qui établissait à 620 millions $ le sous-financement des universités en 2007-2008, le professeur Fortin a conclu qu'il fallait en soustraire 420 millions$.

Pour deux raisons, a-t-il dit: d'abord les universités québécoises sous-estiment leurs revenus et dépenses de fonctionnement, ce qui a pour effet «d'agrandir artificiellement les revenus de fonctionnement entre le Québec et le reste du Canada».

L'autre raison provient de l'écart entre le coût de la vie au Québec et ailleurs au Canada, a poursuivi M. Fortin.

«Le salaire moyen des profs et le prix moyen des biens et services achetés par les universités sont nettement plus élevés à l'extérieur du Québec, a-t-il dit (...) La comparaison des revenus de fonctionnement entre le Québec et le Canada hors Québec surestime ce qui est nécessaire en revenus supplémentaires pour que les universités du Québec puissent se procurer les mêmes ressources (...) que celles des autres provinces.»

Plus loin, le professeur en économie à l'UQAM a soutenu que les salaires des professeurs des universités québécoises tiennent la comparaison avec leurs confrères des autres provinces en dépit d'un écart numérique important.

En 2010-2011, le salaire annuel moyen des profs québécois était de 107 619$ comparativement à 124 006$ en Ontario.

«Il ne faudrait pas que les profs québécois profitent d'un apport financier accru des contribuables québécois pour combler cet écart interprovincial et bénéficier d'un avantage qui deviendrait excessif», a conclu M. Fortin.



 
 


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