Pauline Marois défend la nomination d'André Boisclair


Charles Lecavalier

QUÉBEC - Le gouvernement Marois se défend d’avoir offert en douce un cadeau à l’ancien chef péquiste André Boisclair, nommé à la fois comme sous-ministre adjoint et délégué du Québec à New York.

De l’aveu même du PQ, c’est M. Boisclair qui a demandé et obtenu la «sécurité» qu’offre le poste de sous-ministre adjoint, soit un revenu annuel indexé de plus de 140 000 $ et un régime de retraite hors norme.

Cette «sécurité» est une compensation pour le sacrifice que M. Boisclair fait en acceptant le poste de délégué général à New York, explique-t-on au PQ.

«Depuis qu’il a quitté la vie politique, il s’est construit un carnet de clients comme consultant. En quittant quelques années, il devait recommencer à zéro», a expliqué le ministre des Relations internationales Jean-François Lisée lors d’un point de presse improvisé en matinée.

Pas de volonté de camouflage

La double nomination n’a pas été transmise le 7 novembre, lorsqu’une première annonce de la nomination de M. Boisclair comme délégué à New York a été faite. L’information n’a pas non plus été inscrite dans le communiqué hebdomadaire des nominations du conseil des ministres.

M. Lisée croit que tout a été fait dans la «transparence». «Il n’y a eu aucune volonté de camouflage», a-t-il affirmé. Pourtant, quelques minutes auparavant, le vice-premier ministre François Gendron a dû admettre qu’il n’était pas au courant de la situation.

Visiblement mal à l’aise, Jean-François Lisée a alors admis que «ça aurait dû être dans le communiqué.»

Pauline Marois a elle aussi défendu André Boisclair et son curriculum vitae. La première ministre se dit «très heureuse» d’avoir procédé à la nomination de celui qui l’avait publiquement soutenue alors que son leadership était contesté, il y a un an.

Elle souligne qu’il a dirigé des ministères importants comme l’Environnement et les Affaires municipales et qu’il a été formé à Harvard.

Indécent

Pour Françoise David, porte-parole de Québec solidaire, il est tout simplement «indécent» de donner une pension à vie à un ami du parti. Elle lance du même souffle qu’André Boisclair devrait tout simplement y renoncer.

«S’il quitte son poste de délégué général, il aura accès à une intégration dans la haute fonction publique, une pension de sous-ministre et à une pension de député. C’est ce qu’on appelle avoir le beurre et l’argent du beurre», a tonné Mme David.

François Legault déplore quant à lui «l’hypocrisie» du gouvernement Marois, qui dénonçait jusqu’à tout récemment ce genre de geste politique. Pour ce dernier, c’est une reproduction des «vieilles façons de faire qu'on avait vues avec le Parti libéral».

Quant au PLQ, son chef intérimaire Jean-Marc Fournier croit que Mme Marois doit expliquer le geste et qu’ensuite, «on pourra être d’accord ou pas d’accord».


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