Le ministre de l'Environnement démissionne


Régys Caron

Dernière mise à jour: 29-11-2012 | 12h01

QUÉBEC - Au centre d'une controverse sur son lourd passé de mauvais payeur, le ministre de l'Environnement Daniel Breton a donné sa démission, jeudi matin, à la première ministre Pauline Marois.

«J'ai offert ma démission ce matin à la première ministre du Québec. J'ai posé ce geste, car je ne voulais pas nuire à son travail», a dit M. Breton dans une brève déclaration. Le ministre démissionnaire demeure député péquiste de Sainte-Marie-Saint-Jacques, à Montréal, la circonscription la plus pauvre au Québec, a-t-il souligné la voix éteinte, tout juste avant de se rendre au Salon bleu de l'Assemblée nationale sans répondre aux questions des journalistes.

L'ex-ministre quitte sa fonction dans la controverse, deux mois après avoir accédé au conseil des ministres à la suite de révélations sur son passé trouble marqué notamment par des démêlés avec l'assurance-emploi et ses anciens locateurs et par ses interventions intempestives dans les bureaux du BAPE, un organisme de consultation publique censé demeurer éloigné de l'influence politique.

«Je vais consacrer mon temps aux citoyens de ma circonscription. Je vais les aider et les soutenir. J'ai connu la précarité, je sais ce que c'est de perdre son emploi, de perdre son «appart», de vivre en se demandant si on aura un repas sur la table le soir. Hier encore, j'étais présent au show du Refuge, par solidarité et par compassion. Faire preuve de solidarité et de compassion, c'est ce que je m'emploierai à faire au cours des prochains mois», a dit le député.

Pauline Marois a accepté la démission de son ministre et déclaré que sa décision était «judicieuse». La première ministre a précisé qu'elle n'avait pas été informée des loyers impayés par M. Breton et qu'elle avait été mise au fait, au moment de former son conseil des ministres, des autres infractions qui furent reprochées à M. Breton avant son entrée en politique. «Tout le monde a droit à l'erreur et au pardon», a plaidé Mme Marois.

Les libéraux ont fait savoir que la commission parlementaire qui devait se tenir le 7 décembre pour faire la lumière sur la visite de M. Breton au bureau du BAPE, le 24 octobre, sera annulée. Suivant des informations obtenues de sources confidentielles, M. Breton avait alors porté atteinte à l'indépendance des commissaires du BAPE en les rencontrant en privé et en obtenant leurs numéros de téléphone cellulaire.


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