Des souliers neufs pour Marceau


Jean-Luc Lavallée

QUÉBEC – Malgré le contexte d’austérité, le ministre des Finances Nicolas Marceau ne s’est pas privé d’acheter une paire de souliers neufs à la veille du dépôt hâtif de son premier budget, qui laisse entrevoir un répit pour la majorité des contribuables.

Dans les deux dernières années, son prédécesseur Raymond Bachand avait changé ses lacets et avait même fait poser une nouvelle semelle. Le ministre Marceau a renoué avec la tradition des chaussures neuves, en se payant une paire à 125 $ chez Aldo, un fleuron de l’économie québécoise.

«C’est une très belle entreprise québécoise qui vend des souliers partout à travers le monde. On parle de milliers d’employés. C’est le genre de choses qu’on veut pour les Québécois. Et puis malgré la situation difficile, on arrive à quelque chose de très bon pour les Québécois, vous allez pouvoir le voir demain», a-t-il déclaré aux représentants de la presse en exhibant ses nouveaux souliers au cabinet des Finances.

Pas de hausses de taxes ?

Les contribuables, a-t-il dit, ont déjà fait «un très, très gros effort» dans les dernières années sous le régime libéral, ayant subi des hausses importantes de taxes et de tarifs. Donc leur effort est fait, lui a-t-on demandé ? «C’est une approche équilibrée, vous allez voir ça demain, a-t-il lâché, maintenant le suspense. Cela étant, en faisant des choix, on arrive à des bons résultats, vous allez voir.»

Québec devra réduire les dépenses gouvernementales. Tous les ministères vont devoir faire leur effort, a-t-il confirmé. Confronté à un défi de taille - un manque à gagner de 1,6 milliard $ -  M. Marceau dévoilera les choix de son gouvernement mardi, à 16h00, pour les seize prochains mois.

Le retour à l’équilibre budgétaire pour 2013-2014 est non-négociable. On sait déjà, notamment, que les contribuables les plus fortunés (avec un revenu annuel de 100 000$ et plus) seront imposés davantage en raison de la nouvelle modulation pour la taxe santé.

Engagements repoussés ?

Dans le contexte, il y a lieu de penser que plusieurs engagements électoraux du Parti québécois seront repoussés. «Évidemment, on ne peut pas tout faire dans la même année. On ne peut pas réaliser tout ce qu’on voudrait, mais on en réalise beaucoup et avec le temps, on parviendra à réaliser tout ce qu’on s’était engagés à faire», a avancé le ministre.

«On va prendre le temps qu’il faut. L’année qui vient, c’est l’année la plus difficile d’une certaine façon, c’est celle où on atteint l’équilibre budgétaire et l’année qui exige des efforts importants, on l’a déjà dit, mais vous allez voir qu’on y parvient de façon selon moi très équilibrée, très raisonnable et très intelligente.»


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