DRUMMONDVILLE - Le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a commenté jeudi la décision du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, de se retirer.
«L'étau s'est resserré autour du maire de Laval. Il a le dos au mur. Il n'avait pas le choix de prendre la décision qu'il a prise», a-t-il dit jeudi matin.
La décision du maire de Laval de se retirer, sur les conseils de son médecin, suivait une série de perquisitions de l'Unité permanente anticorruption à l'hôtel de ville, à ses propriétés ainsi que dans des institutions financières où Gilles Vaillancourt détenait, semble-t-il, plusieurs coffrets de sûreté.
Au sujet du maire de Montréal, Gérald Tremblay, dont l'administration est aussi ébranlée par les révélations entendues à la commission Charbonneau, le ministre Gaudreault l'a invité à réfléchir et à prendra une décision, quant à son avenir, «dans le meilleur intérêt des Montréalais».
De nouvelles mesures de contrôle
Le gouvernement Marois envisage de renforcer la capacité de contrôle de l'État sur les administrations municipales, a signifié le ministre Gaudreault.
«Je travaille très fort pour regarder comment on peut, à la lumière de ces événements-là, améliorer les choses, donner plus de moyens, faire plus de contrôles et on va arriver à des propositions législatives à la rentrée parlementaire», a dit M. Gaudreault à son arrivée au caucus présessionnel des députés du Parti québécois qui se tient à Drummondville jeudi et vendredi.
Pour sa part, la première ministre Pauline Marois a promis un renforcement des règles de contrôle du gouvernement sur les municipalités. «Les lois vont sûrement être resserrées, inquiétez-vous pas !» a-t-elle assuré.
Le Québec est en crise, a par ailleurs soutenu le ministre des Affaires municipales, qui a reproché au gouvernement Charest d'avoir trop tardé avant de déclencher la Commission Charbonneau.
«C'est une crise qui s'explique par un délai incroyable à cause du gouvernement libéral. On a réclamé cette commission-là pendant deux ans et demi. On est face à ces révélations-là. Ce qui est dommage, c'est que l'incurie des libéraux a fait en sorte que tout le Québec est dans une situation de crise», a exposé le ministre Gaudreault.
Les maires de Montréal et de Laval doivent se demander s'ils ont encore l'autorité morale de gouverner leurs villes, a pour sa part indiqué le ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée.
«C'est la question qu'ils doivent se poser [...] Le gouvernement est très embêté par le fait que les dispositions légales ne permettent pas, ni au gouvernement, ni au conseil municipal, ni à des citoyens d'intervenir dans le processus de façon ordonnée. C'est un vide juridique et mon collègue des municipalités y réfléchit», a dit M. Lisée.
Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a lui aussi convenu que le Québec vit une situation de crise.
«Ce qu'on entend à la commission est pour le moins troublant et confirme nos pires appréhensions», a-t-il dit.
Il a demandé aux citoyens de Montréal et de Laval d'être patients. «Il y a des gestes qui sont posés depuis un certain nombre de semaines. Il y a des gestes qui vont continuer à être posés. On prend des décisions pour que les choses changent [...] Ce gouvernement est déterminé à faire échec au crime organisé.»
Montréal et Laval sont respectivement les première et troisième plus grandes villes du Québec.