LAVAL - Les premières véritables confrontations entre les équipes de campagne des candidats à la direction du Parti libéral du Québec ont commencé dimanche alors les délégués libéraux se sont réunis à Laval pour adopter les règles qui encadreront la course à la succession de Jean Charest.
Philippe Couillard a tout d'abord goûté à la médecine douce de l'ex-ministre Dominique Vien, qui appuie Pierre Moreau.
Sans dire ouvertement que M. Couillard a abandonné le Parti libéral alors qu'il était en situation minoritaire, Mme Viens croit en Pierre Moreau, qui est «resté alors que nous avions besoin de lui.»
M. Couillard a répliqué qu'il était «artificiel» de séparer les candidats entre ceux qui sont partis et ceux qui sont restés. «Mon départ m'a permis de me renouveler, d'avoir une vision de l'extérieur et de revenir avec de nouvelles idées», a-t-il rétorqué.
Couillard accepterait de réduire ses dépenses
L'ancien ministre de la Santé, qui s'est rasé la barbe, a dit qu'il accepterait de bon gré que les militants libéraux abaissent la limite de dépense pour les équipes des candidats à la direction.
Cette limite est présentement de 600 000 $. M. Couillard avait aussi annoncé la semaine dernière qu'il refuserait toute contribution supérieure à 500 $ pour financer sa campagne.
La loi adoptée en décembre 2011 permet toutefois à tous les candidats de prélever des dons allant jusqu'à 1000 $ par personne.
Pierre Moreau, qui a signifié vendredi qu'il restreignait sa campagne à 450 000 $, a demandé aujourd'hui aux autres candidats de faire de même.
Il croit que le montant de 600 000 $ mettrait «trop de pression» sur les collecteurs de fonds, ce qui alimenterait «leur voracité».
Bachand fait bande à part
Sur le dossier du financement, l'ancien ministre des Finances Raymond Bachand fait bande à part.
Le député d'Outremont dit avoir besoin de 600 000 $ pour faire une bonne campagne de terrain et il n'a aucune crainte quant à la probité de ses collecteurs de fonds.
«C'est bien beau les médias sociaux, mais je veux visiter les régions et rencontrer les gens», a-t-il lancé.
Quant à la limite de 1000 $ pour les contributions personnelles, il s'agit, dit-il, «d'une loi votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale».
L'ex-président de la commission politique du Parti libéral du Québec, Jean David, qui souhaite lui aussi se lancer dans la course à la succession de Jean Charest se dit quant à lui «très mal à l'aise» sur la question du 600 000 $.
«Dans tous les cas, avec la Commission Charbonneau, il n'y a plus d'argent. Personne ne va atteindre le plafond», a-t-il dit.
Avec les règles actuelles, M. David n'est pas assuré d'une place dans la course puisqu'il doit effectuer un dépôt de sécurité de 50 000 $.
Il aura jusqu'au 14 décembre pour amasser cette somme et trouver 500 signatures en appui à sa candidature.
De nouveaux appuis pour Moreau
En marge de ce conseil général du PLQ, le député Pierre Moreau a annoncé les noms de deux autres collègues qui appuient sa candidature à la direction du parti.
Il s'agit des députées Karine Vallières et Dominique Vien.
Mme Vallières, qui vient de succéder à son père Yvon Vallières dans la circonscription de Richmond, sera responsable des dossiers Jeunesse dans l'équipe de campagne de M. Moreau.
Dominique Vien, qui a été réélue dans Bellechasse aux dernières élections, était ministre déléguée aux services sociaux entre août 2010 et septembre 2012.
Dans l'équipe de M. Moreau, elle sera au comité des communications et à la préparation des débats.