Une «aberration fiscale»

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Le ministre des finances, Nicolas Marceau. Photo archives / Agence QMI


Geneviève Lajoie

QUÉBEC - La nouvelle contribution santé péquiste pourrait porter le taux marginal d'imposition à plus de 50 % pour les Québécois qui gagnent de 130 000 $ à 150 000 $ par an, calcule l'économiste Martin Coiteux. «Une aberration fiscale», selon lui.

Le gouvernement Marois a dû reculer sur son engagement d'abolir la taxe santé de 200 $ mise en place par les libéraux.

Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a annoncé la semaine dernière que la contribution santé sera maintenue, mais réajustée en fonction du revenu à compter de 2013.

Pour diminuer la contribution des Québécois qui ont un revenu inférieur à 42 000 $, le ministre des Finances a transféré le fardeau fiscal de cette perte dans la cour des plus riches.

Ces derniers paieront une contribution plus élevée et verront également leur impôt augmenter de 1,75 %.

Le ministre Marceau a toutefois assuré que ce palier additionnel portera le taux marginal maximal combiné (fédéral et provincial) à 49,97%, c'est-à-dire sous le seuil psychologique des 50%.

M. Coiteux calcule toutefois que les contribuables gagnant de 130 000 $ à 150 000 $ verront leur taux marginal d'imposition dépasser les 50%.

«Les gains de revenus qui sont faits par ces gens-là, ces gains marginaux sont taxés à un taux combiné fédéral-provincial, incluant la nouvelle contribution santé, qui est proche de 54%», a soutenu le professeur à HEC Montréal, au cours d'un entretien avec le Journal.

«Appelons ça des demi-vérités ou des demi-mensonges. Ça donne lieu à une chose qui est totalement aberrante : on taxe à un taux marginal supérieur les gens qui gagnent entre 130 000 $ et 150 000 $» que ceux qui ont un revenu de plus de 150 000 $.

«On comprend qu'il y a une iniquité», insiste-t-il.


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