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Sommet de la Francophonie

Marois et Lisée ne veulent pas rencontrer Kabila

Agence QMI 
Jean-Luc Lavallée
11/10/2012 09h21 - Mise à jour 11/10/2012 10h56

 
 
Sommet de la Francophonie - Marois et Lisée ne veulent pas rencontrer Kabila
Jean-François Lisée 
Photo: Jean-Luc Lavallée / Agence QMI

KINSHASA -Fraîchement débarqués en République démocratique du Congo (RDC), Pauline Marois et Jean-François Lisée ont annoncé qu'ils refusent de rencontrer le président contesté du pays hôte du Sommet de la Francophonie qui s'ouvre vendredi.

Contrairement au président de la France, François Hollande, la première ministre du Québec n'a pas l'intention de livrer ses messages en tête-à-tête au président Joseph Kabila, réélu dans la controverse en 2011. En revanche, Mme Marois va rencontrer en privé des représentants de l'opposition congolaise qui dénoncent le «hold-up électoral» de l'an dernier, affirmant ainsi clairement la position du Québec.

Les Nations Unies et Amnistie internationale ont condamné sévèrement des tueries et des détentions arbitraires commises dans la foulée de cette élection entachée d'irrégularités. Pour Pauline Marois et son ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, ce refus s'imposait pour dénoncer les violations répétées des droits de l'homme dans ce pays d'Afrique centrale.

«C'est un choix que nous avons fait. Nous n'avions pas l'intention de demander de rencontre à M. Kabila, a indiqué la première ministre, qui a foulé le sol de la RDC jeudi soir. J'aurai des interventions à la table du Sommet et ce sera dans mon intervention.» Elle croisera assurément M. Kabila au Palais du peuple, là où se dérouleront les travaux des 75 nations participantes, et se contentera d'une poignée de main.

«Nous sommes des gens tout à fait polis, on lui serrera la main, ça va de soi (mais) nous sommes ici d'abord dans le cadre d'un Sommet de la Francophonie. En tout respect pour le peuple congolais, il y a eu un chemin, des étapes qui ont été franchies mais ce n'est pas suffisant, on l'a vu aux dernières élections. Alors nous souhaitons que le processus démocratique soit le plus parfait possible et c'est à cela qu'on invitera les autorités du pays pendant notre séjour», a-t-elle ajouté.

Lisée dénonce la «barbarie» en Afrique

Jeudi en matinée, le ministre des Relations internationales Jean-François Lisée avait dénoncé les «atteintes aux droits de l'homme» et la «barbarie» perpétrée dans certains pays africains. En s'adressant à des dizaines de représentants d'états francophones, M. Lisée, diplomate, a pris soin de ne froisser aucun participant à la Conférence ministérielle de la Francophonie précédant le Sommet. Il n'a identifié aucun pays.

Devant les caméras et les journalistes du Québec, il a ensuite indiqué qu'il visait spécifiquement les « exactions qui sont commises par des groupes rebelles sur des femmes et des enfants », notamment le M23 en RDC.

Bien qu'aucune rencontre n'ait officiellement été à l'agenda du Québec avec Joseph Kabila, M. Lisée a fait savoir qu'il y aurait eu des «possibilités» en ce sens. «C'est un choix (de ne pas le rencontrer)», avait-il aussi indiqué, à l'instar de Mme Marois.

Pas de boycottage

Plusieurs chefs d'État et de gouvernement, incluant le président de la France, avaient songé à un boycottage du XIVe Sommet de la Francophonie au Congo mais se sont ravisés. La présence de dignitaires étrangers en RDC ne doit surtout pas être perçue comme un appui au régime en place, a insisté M. Lisée.

«Nous sommes un certain nombre à vouloir que personne ne se méprenne sur le sens de notre présence ici. On veut travailler entre francophones dans un pays francophone important mais aussi envoyer un signal fort à la société congolaise qui a soif de démocratie pour lui dire que nous allons les accompagner là-dedans».



 
 


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